Longtemps reconnu comme une terre d’athlétisme et de champions de fond, le Maroc a franchi un cap décisif sur l’échiquier sportif international. Depuis l’épopée historique de l’équipe nationale lors de la Coupe du monde de football 2022, le Royaume a changé de dimension. Sa progression fulgurante dans les classements mondiaux, où il s’achemine vers le top 10, témoigne d’un nouveau statut. Cette dynamique se confirme aujourd’hui avec l’organisation réussie d’une Coupe d’Afrique des Nations saluée unanimement, tant pour sa qualité logistique que pour son ambiance et sa sécurité.
Cette ascension n’est ni le fruit du hasard ni un simple coup d’éclat. Elle s’inscrit dans une vision stratégique portée au plus haut sommet de l’État, fondée sur des ambitions claires et assumées. Infrastructures modernes, professionnalisation de la gouvernance sportive, investissements massifs et mobilisation de compétences nationales et internationales ont permis au Maroc de s’imposer comme une grande nation de sport, identifiable, crédible et désormais respectée. Les sacrifices consentis dans ce processus paraissent aujourd’hui secondaires, tant le projet a porté ses fruits.
Certes, les critiques ne manquent pas. Certains dénoncent une prétendue « folie des grandeurs », estimant qu’un pays aspirant à jouer dans la cour des grands ne devrait pas encore composer avec des poches de pauvreté, de fortes disparités sociales et territoriales, ou un taux d’analphabétisme préoccupant. Mais ces réserves n’altèrent en rien l’éclat de la nouvelle image sportive du Royaume, qui brille sur la scène internationale et contribue à renforcer son soft power.
L’enjeu des prochaines années sera toutefois déterminant. Il ne s’agira pas seulement de préserver cette image conquise de haute lutte, mais de la consolider durablement par un effort accru en matière de développement socio-économique. La réduction des inégalités, la lutte ciblée contre la pauvreté et l’intégration des territoires marginalisés devront accompagner cette ambition sportive, afin d’éviter toute dissonance entre vitrine internationale et réalité sociale.
Enfin, pour que cette image moderne et conquérante soit pleinement assumée, le Maroc devra poursuivre le chantier de la réforme du sport national. Cela passe par une gouvernance assainie, débarrassée des pratiques archaïques et des réseaux d’intérêts, mais aussi par un investissement continu dans la formation des jeunes talents. Ces derniers sont appelés à devenir les futurs ambassadeurs du Royaume, porteurs d’une image à la fois performante, éthique et durable.
Par Salma Semmar
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