Le nul concédé par le Maroc face à l’Équateur à Madrid (1-1), vendredi 27 mars 2026, ne peut pas être lu comme un simple accident de parcours. Pour la première de Mohamed Ouahbi sur le banc, après le départ de Walid Regragui, ce match a surtout agi comme un révélateur. Menés après l’ouverture du score de John Yeboah au retour des vestiaires, les Lions ont évité la défaite grâce à une égalisation tardive de Neil El Aynaoui, auteur du but du 1-1 en fin de rencontre.
Le premier enseignement concerne le contenu. La presse marocaine a relevé une équipe encore en chantier, avec des intentions nouvelles mais une exécution incomplète. Ouahbi a tenté d’imprimer sa patte en modifiant l’animation offensive, notamment avec Ismaïl Saibari dans un rôle de faux neuf, un choix qui traduit la volonté d’apporter davantage de mobilité, de permutations et de liant technique entre les lignes. Mais cette option a aussi montré ses limites: le Maroc a souvent manqué de présence dans la surface, de spontanéité dans les trente derniers mètres et de justesse au moment de conclure.
Le deuxième enseignement touche à l’équilibre collectif. Si les Lions ont eu le mérite de réagir, ils ont aussi affiché une fragilité dans les transitions et une difficulté à maîtriser les temps faibles. Dailleurs Ouahbi n’a pas profondément bouleversé l’ossature héritée de Regragui, ce qui explique peut-être cette impression d’équipe à mi-chemin entre continuité et renouveau. En clair, le Maroc n’est plus totalement dans l’ancien cycle, mais n’est pas encore pleinement entré dans le nouveau.
Le troisième point, sans doute le plus important, concerne la portée réelle de ce nul. Il serait excessif de juger Ouahbi sur une seule sortie, surtout face à un adversaire sud-américain réputé dense, agressif et discipliné. Mais il serait tout aussi imprudent d’ignorer les signaux envoyés par cette rencontre. Le Maroc a montré du caractère en revenant au score, mais il n’a pas dissipé les doutes nés ces derniers mois sur la capacité de la sélection à dominer, créer et tuer ses matchs. Même la presse marocaine favorable au nouveau sélectionneur parle déjà de plusieurs axes de progression avant le Mondial 2026.
Au fond, cette première de Mohamed Ouahbi ne ressemble ni à un faux départ, ni à un vrai lancement réussi. Elle ressemble à une transition. Le sélectionneur a posé quelques idées, ouvert la concurrence et testé des profils, mais il lui reste à transformer une somme d’individualités talentueuses en équipe dominante. C’est là que son mandat commencera réellement à être jugé.
Au-delà du terrain, ce match a surtout ravivé l’impatience des supporters marocains, exigeants et passionnés, habitués aux exploits récents des Lions de l’Atlas. Sur les réseaux sociaux comme dans les cafés, les critiques ont fusé, oscillant entre inquiétude et espoir. Car si le public doute, il continue aussi d’y croire. Derrière cette sévérité apparente se cache une attente immense : voir le Maroc confirmer son statut et faire vibrer, encore, tout un peuple uni derrière son équipe.












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