Le début de ce mois sacré du Ramadan s’est déroulé sur fond d’une crise liée à la détermination du premier jour de jeûne entre la Grande Mosquée de Paris, aux mains de l’Algérie, et le Conseil Français du Culte Musulman, considéré comme aux mains du Maroc, ce qui continue de diviser la communauté musulmane de France tout entière.
La France assiste, impuissante depuis fort longtemps, à ce duel à fleuret moucheté, en essayant de trouver une ligne médiane et un équilibre après avoir échoué à imposer une nouvelle instance républicaine, le Forum de l’Islam de France (FORIF), indépendante de parties étrangères. Mais, à ce jour, le CFCM résiste et poursuit ses activités, dont le premier objectif est de prendre possession de la plus grande mosquée de France, dont le titre foncier, faut-il rappeler un détail important, se trouve être au nom de l’État marocain.
Depuis le rapprochement entre Rabat et Paris, et la nette dégradation des relations de la France avec l’Algérie, le débat sur la gestion de ce haut lieu religieux a refait surface, le ministère français voulant lui en retirer la direction au profit d’une personnalité étiquetée proche du gouvernement algérien. Ainsi, le sort de la Grande Mosquée de Paris se trouve au centre d’enjeux diplomatiques mettant face à face trois pays qui espèrent en prendre le contrôle : l’Algérie, qui prétend avoir la plus grande diaspora musulmane en France, chose qui reste à prouver ; le Maroc, qui se prévaut de son titre foncier et de son statut de pays symbole d’un islam modéré qui convient à la France ; et la France, qui espère prendre le contrôle total de l’Islam de France via son Forum entièrement piloté et géré par ses propres soins.
En attendant, la crise entre l’Algérie et le Maroc, d’une part, et entre la France et l’Algérie, d’autre part, continuera à rythmer le quotidien de la communauté musulmane maghrébine présente sur le sol français, avec la crainte que ce dossier ne déborde et l’appréhension d’autres conséquences visant à mettre fin au statu quo.











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