Un sérieux tour de vis s’opère actuellement dans la gestion des deniers publics. L’Inspection générale des finances (IGF) a engagé une vaste opération d’audit ciblant les dépenses liées aux déplacements à l’étranger de hauts fonctionnaires et dirigeants d’établissements publics. Treize institutions et entreprises publiques sont, à ce stade, soumises à des contrôles approfondis couvrant les quatre dernières années.
Au cœur de ces investigations figurent les frais de mission, les indemnités journalières et les conditions dans lesquelles ces voyages ont été effectués. Les inspecteurs épluchent minutieusement les ordres de mission, les carnets de déplacement et les justificatifs financiers, dans un contexte où plusieurs signalements font état de pratiques abusives. Selon des sources concordantes, certaines missions auraient servi de prétexte à des avantages personnels ou à des arrangements politiques, bien loin des impératifs professionnels invoqués.
Les contrôles portent notamment sur la pertinence réelle des déplacements, le choix de la classe de transport aérien, le standing des établissements hôteliers ainsi que la durée des séjours à l’étranger. Autant d’éléments qui, dans plusieurs cas, apparaissent disproportionnés par rapport aux objectifs assignés aux missions concernées. Les auditeurs confrontent systématiquement les factures produites aux tarifs de référence du marché et aux contrats conclus avec les prestataires de services.
Cette offensive de l’IGF a provoqué une certaine fébrilité au sein de plusieurs administrations. Dans certains services, des responsables tentent de reconstituer ou de réorganiser leurs dossiers en urgence afin de les rendre conformes aux exigences de contrôle. Plus préoccupant encore, des soupçons pèsent sur le versement d’indemnités pour des missions incomplètes, voire totalement fictives, pourtant validées dans les circuits administratifs officiels.
Cette campagne d’audit s’inscrit dans un climat de vigilance renforcée autour des finances publiques. À rappeler que les rémunérations dans la haute fonction publique marocaine figurent parmi les plus élevées de la région, représentant plus de trois fois le PIB par habitant. En recoupant les rapports de contrôle interne avec les procès-verbaux des ordonnateurs, l’Inspection générale des finances entend mettre fin aux dérives constatées et instaurer une gestion plus rigoureuse et transparente des frais de mission au sein de l’appareil de l’État.
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