Les deux ne sont pas antinomiques et restent liés en certains points. Si les résultats annoncés n’insistent pas trop sur les arrivées de visiteurs pour la CAN, avec des chiffres en tout cas inférieurs aux prévisions, le Maroc se distingue, à la même période, par sa place de première destination touristique en Afrique et par ses 20 millions de visiteurs en 2025, qui lui permettent de consolider son statut de challenger capable de rivaliser avec les plus grandes destinations. Ceci montre que le football continental a encore beaucoup à faire pour devenir une véritable dynamo de l’activité touristique, en raison notamment du faible pouvoir d’achat des supporters.
Le Royaume a vu moins de visiteurs africains venir assister à la CAN, pourtant idéalement située, mais davantage de supporters en provenance d’Europe, au portefeuille plus garni.
Le prix élevé des billets d’avion en Afrique, ainsi que celui des tickets d’accès aux stades, est à l’origine de cette relative désaffection. L’on n’a d’ailleurs pas observé de ruée vers d’éventuels packages abordables, adaptés aux moyens financiers des supporters lambda désireux de venir en famille.
Une compétition africaine de cette envergure, dans laquelle tous les espoirs avaient été placés pour remplir les stades, n’a pas atteint cet objectif, puisque de nombreux matchs se sont déroulés devant des tribunes clairsemées, offrant sur les écrans de télévision une image parfois désolante.
La CAF, instance coorganisatrice, n’aurait-elle pas été plus inspirée de l’anticiper et d’engager des négociations avec des voyagistes afin de drainer les foules qui ont malheureusement manqué à l’appel, et ainsi permettre au tourisme national de battre des records ? Remplir tous les stades, par tous les moyens, voilà l’autre front sur lequel il faudra se préparer, si l’on ne veut pas revivre la séquence des stades vides… à moins que ce qui s’applique à la pauvre Afrique ne s’applique pas au riche reste du monde.
Par Jalil Nouri










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