Depuis qu’il a rejoint le pôle audiovisuel public en raison d’un besoin d’harmonisation de la politique de communication officielle, parallèlement à un infléchissement de ses ressources financières, l’opérateur Medi 1, basé à Tanger, mène actuellement une politique hasardeuse de recrutement à fonds perdus, dans une logique de court terme, sans que l’on en connaisse ni l’objectif ultime ni les ambitions réelles.
Car ce support n’a pas pour habitude de communiquer, y compris lors de dérapages à l’antenne, de baisse alarmante dans les études d’audience, ni de changements importants dans le management, et donc l’on ne peut que tenter quelques pistes.
D’abord, il n’est pas convaincant de jeter dans l’eau du bain des journalistes débutants, ignorant tout du Maroc et de ses auditeurs, et faisant d’énormes erreurs de compréhension de l’actualité, souvent de grammaire française et de prononciation de termes en arabe. Avec un tel niveau, c’est tout le système Médi 1 qui s’en trouve éloigné de ses principes d’être un véritable modèle et non un appareil de recyclage.
Est-ce là le prix à payer en rejoignant un pôle public déjà bien alourdi par des canards boiteux ? Pour en revenir aux raisons qui ont poussé à ce choix douloureux en termes d’indépendance, la seule qui peut justifier ce changement de boussole éditoriale et économique ne peut être qu’une reprise en main, qui ne pourra pas se révéler opérante en raison de la lourdeur du poids de ce secteur audiovisuel, sauf s’il est allégé et non pas alourdi par un bloc monolithique ennuyant et répétitif. Cette recette et cette perspective ne sont pas les meilleures si l’on veut dégraisser le mammouth.
La réflexion de ce changement imposé par le haut, si réflexion il y a eu, n’aura pour seul effet, malheureusement, que de stagner face à la rude pression étrangère, au moment où une politique de vérité transparente s’impose devant des choix qui seront douloureux à l’avenir, au risque de voir se dissiper tout espoir de voir émerger un pôle audiovisuel public qui sait se réinventer.
Par Jalil Nouri










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