Chaque jour a son lot de plaintes contre les livreurs à moto, toutes entreprises confondues, de réclamations contre la qualité de service et les retards ainsi qu’une multitude d’incidents relatifs aux livraisons mal exécutées et un personnel mal formé.
En l’absence de toute réglementation entourant un secteur en pleine activité regroupant les bons et les moins bons professionnellement, les défaillances se font ressentir à tous les niveaux. À commencer par la situation sociale des employés et les conditions de recrutement et d’un travail mettant face à face clients et livreurs parfois peu « recommandables », pour une activité précaire, souvent saisonnière, sauf dans certains cas, désarmés face à la puissance d’acteurs étrangers leaders sur la place.
Car la plupart des jeunes employés, parfois diplômés de l’enseignement supérieur, travaillant plus que de raison, en recherche d’emploi stable, trouvent un moyen de subvenir à leurs besoins et celui de leurs familles, encouragés qu’ils sont par les pourboires généreux des consommateurs. Mais cette précarité a un prix : salaires non déclarés, absence de couverture sociale, horaires de travail abusifs, absence d’assurance pour les motos à posséder obligatoirement au nom de l’employé-livreur et sans encadrement pour la sécurité, et là s’ouvre une parenthèse importante.
Tenus par les délais de livraisons qui conditionnent par leur nombre leur modeste rémunération, ces armées de livreurs qui sillonnent toutes les villes marocaines sont prises dans une course contre la montre quotidienne, violant allègrement le code de la route et provoquant des accidents qui en font les premiers auteurs d’infractions sur la route et les plus nombreux à voir leur engin saisi faute d’assurance.
Leur utilité est unanimement prouvée et leur activité promise à un bel avenir et une grande rentabilité, mais pour les seules entreprises dominant le marché, sauf que sans encadrement légal et structuré, ce secteur pourrait aller vers la dérive alors que l’urgence d’une reprise en main par les pouvoirs publics et les villes s’impose avec acuité en prévision de la Coupe du monde 2030.
Par Jalil Nouri












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