Le juge d’instruction près la Cour d’appel de Kénitra a décidé de reporter au 15 avril l’interrogatoire détaillé du principal suspect dans l’affaire du meurtre atroce de la petite Jaidae, âgée de seulement 5 ans. Ce drame survenu durant le mois sacré de Ramadan a choqué tout le pays par sa brutalité et l’innocence de la victime.
Le report de cette audience vise à permettre à la défense et aux parties civiles de mieux préparer leurs interventions dans une affaire aussi sensible, marquée par l’émotion et l’indignation générale. Le suspect, un adolescent de 17 ans, n’est autre que l’oncle maternel de la fillette. Il est poursuivi pour des faits particulièrement graves : viol sur mineure, homicide volontaire avec préméditation, et atteinte à l’intégrité d’un cadavre.
Les faits remontent à quelques semaines, en plein mois de Ramadan. La petite Jaidae avait disparu dans des circonstances mystérieuses, provoquant l’inquiétude de ses proches et une mobilisation locale pour la retrouver. Quelques heures plus tard, son corps sans vie a été découvert dans une benne à ordures, dans un quartier populaire de la ville. Selon les premiers éléments de l’enquête, elle aurait été violée, étranglée, puis abandonnée sans ménagement par son agresseur.
La découverte du corps dans une telle condition, et le fait que l’auteur présumé soit un membre proche de la famille, a provoqué une onde de choc à travers le Maroc. Les réseaux sociaux se sont rapidement enflammés, appelant à une justice exemplaire pour la petite victime. De nombreux internautes et ONG ont dénoncé une nouvelle illustration des failles dans la protection des enfants au sein des foyers marocains.
L’enquête menée par la police judiciaire a rapidement conduit à l’identification du suspect, grâce à des témoignages, des images de caméras de surveillance et des indices matériels retrouvés sur les lieux. Placé en garde à vue, le jeune homme aurait fini par avouer les faits lors des interrogatoires préliminaires. Il est actuellement en détention provisoire à la prison de Kénitra, dans l’attente de la poursuite de la procédure judiciaire.
Le juge d’instruction s’apprête à mener un interrogatoire détaillé le 15 avril prochain, qui devrait permettre de confirmer les charges retenues et de clarifier les circonstances exactes du drame. Il s’agira d’un moment crucial dans le dossier, avant un éventuel renvoi devant la chambre criminelle.
Ce crime relance les débats au Maroc autour de la violence intrafamiliale et de la nécessité de renforcer les mécanismes de protection de l’enfance. Plusieurs associations de défense des droits des enfants ont réclamé un durcissement des sanctions pour les auteurs de crimes sexuels contre mineurs, et la mise en place de dispositifs de suivi psychologique pour les familles à risque.
La mémoire de la petite Jaidae, brutalement arrachée à la vie, continue de hanter la conscience collective. Beaucoup attendent de la justice qu’elle agisse avec fermeté, mais aussi qu’elle serve d’électrochoc pour repenser sérieusement la sécurité des enfants dans tous les espaces, y compris ceux supposés les protéger.
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