Dans le quartier Saâda à El Jadida, le meurtre d’un septuagénaire, jeudi 26 février, a brutalement remis au premier plan une réalité que les riverains disent subir depuis longtemps : la combinaison explosive entre addiction, troubles psychiques et défaillances de prise en charge.
Selon des témoignages concordants, le principal suspect était auparavant un jeune homme “normal”, apprécié dans le voisinage. Puis, au fil du temps, il aurait basculé dans la consommation de drogues, avec des accès d’agitation, d’anxiété et des comportements violents. Face à une situation devenue invivable, sa famille l’avait conduit à l’hôpital, où son état aurait été diagnostiqué et un traitement prescrit.
Pendant un certain temps, le jeune se serait stabilisé en suivant sa médication. Mais, pour une raison inconnue, il aurait interrompu brusquement le traitement et replongé dans l’addiction. Dès lors, la tension serait montée d’un cran : agressivité, menaces, peur quotidienne. La famille, affirme-t-elle, en serait arrivée à quitter la maison, parfois pour dormir chez des proches, parfois même dans l’escalier, afin d’éviter le pire.
Plus grave encore, les proches évoquent une agression contre sa mère à l’arme blanche, ayant entraîné une blessure à la main. Ils disent avoir alerté autorités locales et police, réclamant son transfert vers un hôpital psychiatrique. Une orientation aurait été obtenue, mais l’absence de lit, en raison de l’encombrement, aurait bloqué l’hospitalisation malgré l’urgence, selon leurs déclarations.
Le jeudi matin, le drame s’est produit : un vieil homme, en route vers la mosquée pour la prière d’Al Fajr, a été tué. L’enquête se poursuit sous la supervision du parquet, dans l’attente des résultats médico-légaux.
À El Jadida, des acteurs associatifs réclament désormais une riposte : suivi réel de la santé mentale, lutte plus ferme contre la drogue, et prise en charge des quartiers fragilisés par la précarité et le chômage.










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