Le Mexique bascule dans une spirale de violence incontrôlée quelques heures après l’élimination par l’armée de Nemesio Oseguera alias « El Mencho », chef redoutable du cartel Jalisco Nouvelle Génération (CJNG). Ses partisans ont déclenché une vague de représailles coordonnées paralysant six États du pays avec incendies massifs, barrages routiers et attaques ciblées.
Les fidèles du baron de la drogue abattu dimanche lors d’une opération militaire dans la ville de Tapalpa ont transformé plusieurs régions en zones de non-droit. Autoroutes bloquées, véhicules et commerces incendiés, la réponse des narcos ne s’est pas fait attendre pour venger leur chef tombé sous les balles gouvernementales.
Puerto Vallarta, station balnéaire normalement paisible du Pacifique, s’est transformée en scène d’apocalypse sous les yeux médusés des touristes. Des colonnes de fumée noire ont obscurci le ciel azur tandis que vacanciers et résidents filmaient incrédules ce spectacle terrifiant avec leurs téléphones. Les autorités ont ordonné aux visiteurs de rester confinés dans leurs hôtels.
Les compagnies Air Canada, United Airlines et la compagnie mexicaine ont annulé l’ensemble de leurs vols vers Puerto Vallarta, abandonnant des centaines de touristes bloqués dans cette zone devenue dangereuse. Daniel Droulet, un Canadien habitué à passer l’hiver dans cette ville habituellement tranquille, confie n’avoir jamais assisté à pareille explosion de violence.
Un membre du cartel Jalisco contacté par Reuters a clairement annoncé la couleur : ces attaques constituent une vengeance directe contre le gouvernement pour l’exécution de leur chef. Mais il promet pire encore avec des règlements de comptes internes sanglants entre factions rivales qui chercheront à prendre le contrôle du lucratif empire criminel laissé vacant.
Dans l’État de Jalisco, bastion du cartel, des hommes armés ont attaqué une base militaire de la Garde nationale. Les autorités ont suspendu tous les transports publics et sommé la population de ne pas sortir des hôtels ou habitations. Une association professionnelle du transport routier a recommandé à tous les chauffeurs de camions de rester dans des zones sécurisées jusqu’à amélioration de la situation.
Des vidéos partagées avec Reuters par des sources sécuritaires gouvernementales montrent une réponse militaire massive avec notamment un char d’assaut vert progressant dans un quartier résidentiel d’Aguascalientes. Dans l’État de Colima, des membres du cartel postés dans des pickups bloquent complètement les axes routiers stratégiques.
Cette déferlante de violence rappelle cruellement aux Mexicains les deux décennies d’une guerre contre les narcotrafiquants qui a dévasté de vastes régions du pays. Les gouvernements successifs ont échoué à briser la puissance des cartels qui continuent de terroriser la population et de contrôler d’immenses territoires.
La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a tenté de minimiser la gravité de la situation sur les réseaux sociaux en affirmant que « les activités se déroulent tout à fait normalement dans la majeure partie du pays ». Cette communication rassurante contraste violemment avec la réalité vécue par des millions de Mexicains paralysés par la peur et les blocages dans six États simultanément.
L’élimination d’El Mencho, loin de décapiter le cartel comme l’espérait le gouvernement, pourrait au contraire déclencher une guerre de succession sanglante entre lieutenants avides de prendre le contrôle de l’empire criminel évalué à plusieurs milliards de dollars.










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