Face à la question des migrants subsahariens, l’Algérie semble n’avoir trouvé qu’une seule réponse : l’éloignement forcé. Faute de politique d’intégration, de mécanismes de protection ou d’un cadre humanitaire minimal, les autorités privilégient une approche expéditive qui consiste à refouler massivement des personnes vers la frontière saharienne, notamment en direction du Niger. En 2025, des dizaines de milliers de migrants ont ainsi été déplacés par convois, puis abandonnés dans des zones arides, comme s’il s’agissait d’un problème logistique à évacuer plutôt que d’êtres humains à protéger.
Cette stratégie, présentée comme une mesure de fermeté sécuritaire, révèle surtout un vide politique. Aucun dispositif d’accueil durable, aucune procédure d’examen des situations individuelles, aucune perspective d’insertion sociale ou économique : l’Algérie ne propose ni intégration ni protection. Femmes, enfants, nourrissons et personnes vulnérables se retrouvent exposés aux conditions extrêmes du désert, sans assistance suffisante, avec des conséquences parfois mortelles.
À Assamaka, dernier point de chute de ces expulsions, les arrivées se font dans l’épuisement et la détresse. Les structures humanitaires tentent de pallier l’urgence, mais les moyens restent limités face à l’ampleur des refoulements. Des décès ont été documentés, tandis que d’autres passent sous les radars, engloutis par l’immensité saharienne et l’absence de traçabilité. Le désert, silencieux, devient le théâtre d’une crise humanitaire que les chiffres officiels peinent à refléter.
Plus préoccupant encore, cette politique est assumée. Elle est vantée comme un signe de “rigueur”, soutenue par un silence européen et des arrangements régionaux qui ferment les yeux sur les conséquences humaines. Les programmes de “retour volontaire”, souvent évoqués, restent largement théoriques, laissant des milliers de personnes coincées entre un Sud inaccessible et un Nord verrouillé.
Les organisations de défense des droits humains appellent à un changement de cap : mettre fin aux expulsions collectives, respecter la liberté de circulation, garantir la protection des personnes vulnérables et adopter une véritable politique d’intégration. Jusqu’ici, ces appels se heurtent à une indifférence persistante. En l’absence d’alternative, l’Algérie continue de transformer la frontière saharienne en exutoire, faisant de l’expulsion la seule réponse à une question qui exige, avant tout, humanité et responsabilité.










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