Des responsables occidentaux ont confié au Financial Times que le rythme des tirs de missiles balistiques iraniens a sensiblement baissé depuis le début de l’offensive américano-israélienne samedi, soulevant une question centrale : s’agit-il d’une capacité militaire qui s’effondre sous les frappes, ou d’un calcul stratégique délibéré de Téhéran ?
Pour les officiers américains et israéliens, la réponse penche clairement vers la première hypothèse. La stratégie consistant à traquer et détruire les rampes de lancement et les stocks d’armements sur le sol iranien produit selon eux des résultats tangibles. Un responsable occidental a déclaré au journal britannique que la baisse des tirs est directement liée à ce travail de destruction, estimant qu’il reste à l’Iran encore quelques jours de capacité opérationnelle. L’ancienne conseillère en renseignement du gouvernement britannique Lynette Nusbacher a décrit une armée iranienne qui tire, se déplace, s’installe, se ravitaille et recommence, mais dont la cadence ralentit faute de carburant, de rampes et de missiles intacts.
Selon les données compilées par l’Institut d’études de sécurité nationale de Tel-Aviv, l’Iran a déjà lancé 571 missiles et 1391 drones depuis le début du conflit, dont une grande partie a été interceptée par les systèmes de défense américains, israéliens et du Golfe.
Mais d’autres analystes n’écartent pas une lecture différente. Le chercheur de l’université d’Oslo Fabian Hoffmann admet que la chute des tirs est trop brutale pour n’être qu’un simple choix tactique, mais plusieurs experts évoquent une stratégie d’usure délibérée, visant à préserver les munitions pour un conflit long. Les militaires israéliens avaient d’ailleurs dès le début qualifié les tirs lents et réguliers iraniens de stratégie du « bruine », conçue pour épuiser les intercepteurs des systèmes de défense aérienne. L’analyste Decker Eveleth résume la situation ainsi : l’Iran n’a peut-être pas vraiment choisi cette approche, c’est simplement la seule qui lui reste disponible face à l’épuisement de ses rampes et à son incapacité à sécuriser son espace aérien.



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