À noter tout d’abord qu’au Maroc, avant même d’aborder le manque de réaction à Alger, seul le PPS, dirigé par Nabil Benabdellah, est monté au créneau pour dénoncer vigoureusement l’enlèvement du président du Venezuela et de son épouse par les forces spéciales américaines. Du côté officiel marocain, la retenue reste de mise lorsqu’il s’agit de l’allié américain.
En Algérie, en revanche, on peut comprendre le désarroi total d’un pays qui cherche à se rapprocher des États-Unis afin de gêner le Maroc, allant jusqu’à ignorer le sort de l’un de ses soutiens les plus constants.
Producteur important de pétrole, à l’instar du Venezuela, Alger avait bâti un axe stratégique destiné au soutien du Polisario et à ses propres calculs expansionnistes, avec l’appui d’un président vénézuélien aventuriste, démagogue et dangereux, très intéressé par les promesses algériennes d’un front pétrolier commun.
Engagé dans l’aventure séparatiste en Afrique du Nord, l’actuel prisonnier déchu, désormais entre les mains de la justice américaine, était devenu, par la force des choses, le plus fervent soutien du Polisario en Amérique latine et un ennemi déclaré du Maroc, allant jusqu’à provoquer une rupture diplomatique avec ce pays.
Alger doit désormais chercher désespérément un parrain de substitution à Nicolás Maduro, une entreprise vouée à l’échec. Ainsi, l’Algérie, qui était encore jusqu’à ce week-end l’alliée la plus proche en Afrique de l’ex-président vénézuélien, a décidé de l’effacer de sa mémoire avec une ingratitude manifeste, allant jusqu’à ignorer le sort que lui a réservé Donald Trump et à faire comme si les relations nouées avec son pays, au détriment du Maroc, n’avaient jamais existé.
Par Jalil Nouri



Contactez Nous