La communauté marocaine continue de s’imposer comme l’une des plus enracinées dans le paysage migratoire italien. Selon les derniers indicateurs démographiques publiés par l’ISTAT le 31 mars 2026, quelque 23.000 ressortissants marocains ont acquis la nationalité italienne en 2025, ce qui place le Maroc au deuxième rang des nationalités les plus concernées par les naturalisations, derrière l’Albanie avec 26.000 cas, et devant la Roumanie avec 16.000. À elles seules, ces trois nationalités représentent près d’un tiers de l’ensemble des acquisitions de citoyenneté enregistrées dans le pays.
Ce chiffre confirme le poids humain et social de la présence marocaine en Italie, dans un contexte où l’intégration par la nationalité demeure un indicateur fort de stabilisation. Certes, le nombre total d’étrangers devenus italiens a reculé, passant de 217.000 en 2024 à 196.000 en 2025, après 214.000 en 2023. Mais ce reflux ne traduit pas un désintérêt pour la naturalisation. Il est principalement lié à un durcissement du cadre juridique, Rome ayant restreint l’accès à la citoyenneté par le droit du sang à travers le décret-loi 36/2025, converti ensuite en loi n° 74/2025.
Au-delà des naturalisations, les données italiennes dressent le portrait d’un pays dont l’équilibre démographique dépend de plus en plus de l’apport migratoire. Au 1er janvier 2026, l’Italie comptait 5,56 millions de résidents étrangers, soit une hausse annuelle de 188.000 personnes et 9,4 % de la population totale. La progression est alimentée surtout par un solde migratoire extérieur largement positif, évalué à +348.000 pour les étrangers. La géographie de cette présence reste très inégale : 3,23 millions d’étrangers vivent dans le nord du pays, 1,344 million dans le centre, contre 986.000 dans le Mezzogiorno, où ils ne représentent que 5 % de la population.
En parallèle, la population de nationalité italienne continue de se contracter. Elle s’établit désormais à 53,383 millions de personnes, en baisse de 189.000 en un an. Cette érosion s’inscrit dans une dynamique plus profonde de vieillissement et de dénatalité. En 2025, l’Italie n’a enregistré que 355.000 naissances, contre 652.000 décès, creusant encore davantage le déficit naturel. Le taux de fécondité est tombé à 1,14 enfant par femme, tandis que l’espérance de vie atteint 81,7 ans pour les hommes et 85,7 ans pour les femmes.
Les transformations touchent également la cellule familiale. L’ISTAT relève que l’Italie compte désormais 26,6 millions de ménages, avec une percée continue des foyers composés d’une seule personne, qui représentent aujourd’hui 37,1 % du total, contre 25,9 % il y a vingt ans. Les couples avec enfants, longtemps modèle dominant, reculent, alors que les couples sans enfants se maintiennent autour d’un cinquième des ménages. Les familles monoparentales, elles, représentent désormais environ une sur dix.
Dans ce paysage en mutation, la présence marocaine apparaît comme l’un des marqueurs les plus solides de l’immigration installée en Italie. Les 23.000 naturalisations enregistrées en 2025 ne sont pas un simple indicateur administratif : elles traduisent une insertion durable dans la société italienne, au moment même où le pays cherche, par l’immigration et l’intégration, à amortir les effets d’une crise démographique qui s’aggrave d’année en année.












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