Un nouveau drame migratoire endeuille l’Afrique de l’Ouest. Au moins 69 corps ont été repêchés après le chavirement d’une embarcation transportant des migrants au large de Lemhaijratt, à environ 80 km au nord de Nouakchott, selon un bilan actualisé communiqué par les garde-côtes mauritaniens. Des dizaines de personnes restent encore portées disparues.
Le bateau, parti de Gambie il y a une semaine, transportait près de 160 passagers, parmi lesquels des Gambiens et des Sénégalais. D’après les premiers éléments de l’enquête, le chavirement est survenu au moment où les migrants, apercevant les lumières de la côte, se sont tous déplacés d’un même côté de l’embarcation, provoquant un déséquilibre fatal. Dix-sept survivants ont pu être secourus.
Ce naufrage rappelle la dangerosité persistante de la route migratoire menant vers l’archipel espagnol des Canaries. La Mauritanie, avec ses 700 kilomètres de côtes sur l’Atlantique, est devenue un passage privilégié pour de nombreux candidats à l’exil vers l’Europe, malgré les risques liés à des traversées souvent effectuées à bord d’embarcations surchargées et vétustes.
Ces tragédies se répètent avec une régularité alarmante. Fin juillet déjà, les autorités mauritaniennes avaient porté secours à plusieurs dizaines de migrants ouest-africains dont l’embarcation, partie de Guinée, était tombée en panne après 11 jours de mer.
Selon l’ONG espagnole Caminando Fronteras, plus de 10.000 migrants sont morts ou portés disparus en 2024 en tentant de rejoindre l’Europe par cette voie maritime. L’Espagne a comptabilisé l’arrivée de 46.843 migrants aux Canaries en 2024, un chiffre record, avant une baisse notable de 34 % sur les cinq premiers mois de 2025.
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