Une nouvelle fausse note dans la gestion interministérielle du gouvernement Akhannouch vient bousculer l’actualité dominante et rappeler les limites de la cohabitation RNI-PAM.
Alors que le projet très important et ambitieux, estimé à un milliard de dollars, portant sur la création d’un terminal GNL (Gaz naturel liquéfié) dans le nouveau complexe portuaire de Nador West Med, venait d’être discuté lors d’une réunion spéciale présidée par le roi Mohammed VI il y a quelques jours, et consacrée à cette vaste infrastructure nationale, la ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah Alaoui, a finalement opposé un niet catégorique à ce projet, sans prise en compte des engagements pris au nom du gouvernement et sans prévenir les parties concernées par cette décision.
Sa collègue chargée de la Transition énergétique, Leila Benali, étiquetée PAM, qui avait défendu ce projet bec et ongles et l’avait porté jusqu’à son approbation finale dans les textes, a été assommée par l’annonce du veto de sa collègue du RNI, ministre de l’Économie et des Finances, laquelle y a vu une menace représentant une dépense intenable pour le budget de l’État.
Libre à l’argentière du pays de le penser et de ne pas engager sa responsabilité, mais pourquoi ne l’a-t-elle pas fait plus tôt, avant la présentation du projet devant le Souverain ?
S’agit-il là d’une manière sérieuse de gérer les politiques publiques de l’État, ou d’une volonté de déconsidérer une ministre issue du même gouvernement mais appartenant à un autre parti membre d’une majorité gouvernementale encore en fonction jusqu’au mois de septembre ?
Que devient la crédibilité du Royaume à l’international face à un tel cafouillage, surtout lorsque l’on sait que des appels d’offres avaient déjà été lancés, que les dossiers de candidature avaient été reçus et qu’un calendrier d’exécution avait été transmis à de futurs adjudicataires, pour la plupart des entreprises étrangères spécialisées dans le traitement et l’acheminement du GNL ?
Cette affaire laissera certainement des plaies ouvertes sur le plan politique et illustre une nouvelle fois la cacophonie ambiante au sein de l’Exécutif, donnant peu de chances au renouvellement d’une expérience gouvernementale similaire à celle de la majorité actuelle.
Par Jalil Nouri



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