Le Pakistan a effectué plusieurs frappes aériennes nocturnes sur le territoire afghan, causant la mort d’au moins 18 personnes selon les autorités talibanes. Islamabad affirme avoir ciblé des installations militantes près de la frontière, tandis que Kaboul dénonce des attaques contre des civils.
Le ministère pakistanais de l’Information et de la Radiodiffusion a déclaré avoir mené un « ciblage sélectif basé sur le renseignement de sept camps et cachettes terroristes » près de la frontière pakistano-afghane. Les cibles désignées incluaient des membres du Tehreek-i-Taliban Pakistan, leurs affiliés et la Province du Khorasan de l’État islamique.
Le gouvernement pakistanais présente ces opérations comme une réponse aux récents attentats-suicides survenus sur son territoire, notamment l’attaque contre une mosquée chiite à Islamabad et plusieurs autres attaques dans la province du Khyber Pakhtunkhwa depuis le début du Ramadan.
Le ministère taliban de la Défense affirme que les frappes ont touché des zones civiles des provinces de Nangarhar et Paktika.
Islamabad accuse les autorités afghanes de ne pas agir contre les groupes militants opérant depuis leur territoire et affirme détenir des « preuves concluantes » que les attaques au Pakistan ont été orchestrées par des militants suivant des instructions depuis l’Afghanistan.
Le ministère taliban de la Défense a condamné ces frappes comme « une violation de l’intégrité territoriale afghane » et « une transgression du droit international ». Le communiqué taliban prévient qu’une « riposte appropriée et mesurée sera prise au moment opportun » et critique ce qu’il qualifie d’échec de l’armée pakistanaise dans ses opérations de renseignement.
Ces frappes interviennent quelques jours après que l’Arabie Saoudite a médié la libération de trois soldats pakistanais capturés lors d’affrontements frontaliers en octobre dernier. Ces affrontements s’étaient conclus par un cessez-le-feu fragile après les combats les plus violents depuis le retour des talibans au pouvoir en 2021.
Le Pakistan et l’Afghanistan partagent une frontière montagneuse de 2574 kilomètres où persistent des tensions sécuritaires liées à la présence de divers groupes armés. Les relations entre Islamabad et Kaboul demeurent compliquées par les questions de terrorisme transfrontalier et de contrôle territorial dans les zones tribales.
Cette nouvelle escalade militaire survient alors que les deux pays tentaient de maintenir un dialogue minimal après les violences d’octobre, remettant en question la viabilité du cessez-le-feu négocié il y a quelques mois.











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