Le processus d’obtention du permis de conduire au Maroc s’apprête à connaître un tournant majeur. L’Agence Nationale de la Sécurité Routière (NARSA) travaille actuellement sur une refonte en profondeur du dispositif encadrant l’accès au permis, avec un double objectif : renforcer la rigueur pédagogique et moderniser la gestion administrative des auto-écoles.
Au cœur de cette réforme figure une séparation nette entre l’examen théorique et la formation pratique. Concrètement, le candidat devra désormais valider le Code de la route avant même de pouvoir s’inscrire aux heures de conduite. Ce changement marque une rupture avec le modèle actuel, où l’apprentissage théorique et pratique se déroule souvent de manière parallèle, parfois au détriment de la maîtrise réelle des règles de circulation.
Une fois l’examen théorique réussi, le futur conducteur pourra entamer sa formation pratique. À l’issue de celle-ci, une nouvelle démarche sera requise pour accéder à l’examen final de conduite, avec une prise de rendez-vous distincte. L’objectif affiché est clair : instaurer un parcours progressif, structuré et plus exigeant, afin d’améliorer le niveau des nouveaux conducteurs et, à terme, réduire l’accidentalité routière.
Ce projet sera officiellement présenté mercredi prochain aux professionnels du secteur lors d’une réunion entre Benacer Boulaajoul, directeur de la NARSA, et la Fédération Marocaine des instructeurs. Ces échanges seront déterminants pour ajuster les contours du futur dispositif et prendre en compte les contraintes opérationnelles des auto-écoles.
Parallèlement à la réforme pédagogique, la NARSA prévoit le lancement d’une plateforme numérique dédiée. Ce portail permettra aux établissements de formation de gérer à distance les rendez-vous d’examens, les autorisations administratives et le suivi des dossiers, mettant fin aux déplacements répétitifs vers les centres d’immatriculation. Une avancée attendue de longue date par la profession, souvent confrontée à des lourdeurs administratives.
Certaines questions restent toutefois en suspens et feront l’objet de discussions techniques, notamment la durée de validité du succès à l’examen du Code de la route ou encore le nombre de tentatives autorisées pour l’épreuve pratique. Autant de paramètres sensibles qui conditionneront l’acceptation et l’efficacité de cette réforme appelée à redessiner durablement le paysage de l’apprentissage de la conduite au Maroc.










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