Les crues se poursuivent et la tristesse de l’ambiance dans les locaux d’hébergement improvisés et sous les tentes se fait de plus en plus lourde, chargée d’inquiétude et de désarroi.
À Ksar El Kébir et dans les régions avoisinantes du Loukkos, ainsi qu’à Tanger-Tétouan et dans les villes de Sidi Slimane et Sidi Kacem, dans le Gharb, dans tous les lieux d’accueil résonne la même question lancinante : où et quand s’arrêtera le calvaire vécu ces derniers temps, et comment s’organisera la vie pour un premier Ramadan hors du domicile.
Cette interrogation, aux multiples déclinaisons, est également partagée par l’ensemble des intervenants chargés des secours et de l’hébergement, qui resteront mobilisés loin de leurs familles pour traverser ce mois de jeûne dans de telles conditions, certes supportables, mais rendues difficiles par l’environnement et la fatigue accumulée.
Car les intempéries, aggravées par le phénomène climatique Martha, venu d’Espagne et du Portugal, semblent bel et bien parties pour durer. Les travaux de déblaiement des boues, d’assainissement des canalisations dans les villes touchées, ainsi que le drainage des eaux de pluie, prendront du temps avant que ne soit levée l’interdiction de regagner les domiciles, alors que le mois sacré approche, avec une date avancée au 19 février, mois de sacrifice et de solidarité par pure coïncidence.
Mais quoi qu’il arrive, les Forces Armées Royales, la Gendarmerie Royale, les autorités locales, les Forces auxiliaires, la Protection civile, le Croissant-Rouge et une armada de bénévoles se déclarent prêts à toute éventualité. Parmi les populations hébergées, l’on se prépare mentalement à un Ramadan hors du confort, des rituels et des coutumes de chez soi, en endurant de multiples privations, mais avec résignation face à ce qui est perçu comme un signe du destin.
Un destin rendu encore plus rude pour certains, qui ont appris, sans confirmation officielle à ce stade, que les habitations situées à proximité des cours d’eau pourraient être déplacées loin de la menace des débordements des fleuves et des barrages, si de tels épisodes climatiques venaient à se répéter.
Par Jalil Nouri










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