À l’approche du mois sacré du Ramadan, un vent d’espoir souffle sur les campements dressés à la hâte après les violentes inondations qui ont frappé la région. Près de 150 000 rescapés, contraints de fuir leurs domiciles submergés par les eaux, s’apprêtent désormais à regagner leurs foyers. Un retour chargé d’émotion, entre soulagement et appréhension.
Pendant plusieurs semaines, ces familles ont vécu sous des tentes, parfois avec leur bétail à leurs côtés pour celles issues du monde rural. Une cohabitation improvisée avec la nature, dans des conditions difficiles mais dignes. Encadrés par les forces militaires et les équipes civiles, les sinistrés ont bénéficié d’un accompagnement soutenu : assistance matérielle, protection, suivi sanitaire et même soutien psychologique pour les plus fragiles. Dans l’épreuve, la solidarité nationale a joué à plein.
Malgré la précarité du séjour en plein air, les besoins essentiels ont été assurés. Des repas chauds étaient préparés sur place, le pain distribué quotidiennement, et l’organisation des campements permettait à chacun de préserver un semblant de normalité. Face à l’adversité, ces familles ont fait preuve d’une résilience remarquable, acceptant leur sort avec courage et patience.
Toutes les personnes touchées par la catastrophe seront indemnisées. Mais au-delà de l’aide financière, c’est un autre défi qui les attend : réapprendre à vivre après le traumatisme. Beaucoup redoutent désormais la répétition d’un tel drame, inédit depuis des décennies. Les changements climatiques, évoqués durant toute cette crise, ne sont plus une notion abstraite : ils ont pris le visage des eaux déchaînées.
À Ksar El Kebir, ville durement sinistrée, certains ont tout perdu. Pour ceux dont les maisons ont été détruites, l’indemnité annoncée devra permettre un relogement et le maintien dans leur cité natale. Mais le chantier le plus important ne sera pas seulement matériel. Il sera intérieur. Se reconstruire après avoir frôlé le pire, retrouver confiance et stabilité à l’aube du Ramadan : tel est désormais leur véritable combat.
Par Mounir Ghazali










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