Alors que le mois de Ramadan est traditionnellement associé au recueillement, à la spiritualité et à la retenue, certains réseaux criminels semblent, eux, ignorer toute forme de trêve. Plusieurs opérations menées récemment par les services de sécurité à travers le Royaume confirment une réalité persistante : le trafic de drogue ne marque aucun ralentissement durant cette période sacrée.
Dans la région d’El Jadida, les éléments de la Gendarmerie royale ont ainsi intercepté un véhicule immatriculé en Espagne après qu’il a refusé d’obtempérer au niveau du péage de Bouskoura, poursuivant sa route en direction de Safi via l’autoroute A1. Alertées, les patrouilles déployées le long de l’axe autoroutier ont réussi à intercepter le véhicule au niveau de la route provinciale RP3410, près de la commune de Moulay Abdellah. Le conducteur a tenté de prendre la fuite à pied à travers les champs avoisinants, abandonnant son accompagnatrice à bord. Une opération de ratissage a permis son interpellation quelques heures plus tard. La fouille du véhicule a conduit à la saisie de 220 kilogrammes de kif, 50 kilogrammes de tabac et 15 kilogrammes de résine de cannabis, dissimulés dans le coffre. L’individu arrêté faisait déjà l’objet de huit mandats de recherche pour des faits similaires.
À Agadir, une autre affaire met en lumière l’ampleur du phénomène. Un brigadier de police en poste à Chefchaouen a été interpellé en flagrant délit de possession de 22 kilogrammes de chira et de doses de cocaïne dans la zone rurale d’Amskroud. L’opération, menée par les services de la police judiciaire avec le concours de la Direction générale de la surveillance du territoire, a conduit à l’ouverture d’une enquête judiciaire sous la supervision du parquet compétent. Sur le plan administratif, la Direction générale de la sûreté nationale attend les conclusions de la procédure en cours afin de statuer sur les mesures disciplinaires appropriées.
Dans la province de Zagora, enfin, trois individus ont été placés en détention provisoire pour trafic de stupéfiants, dont un quadragénaire déjà recherché par les services de sécurité. Interpellés au centre de Tagounite dans le cadre d’une opération préventive menée à l’approche du Ramadan, les mis en cause étaient en possession de près de quatre kilogrammes de chira, ainsi que de substances destinées à l’inhalation, communément appelées “nefha”, et d’une somme d’argent provenant de cette activité illicite.
Ces différentes opérations, inscrites dans le cadre de la coopération entre les commandements régionaux et les services de police, illustrent la détermination des autorités à lutter contre le trafic de stupéfiants. Elles révèlent surtout une constante inquiétante : loin de s’interrompre, le commerce de drogues semble s’adapter au calendrier religieux, certains observateurs évoquant même une hausse de la consommation durant le mois sacré.
Dans un contexte où la société aspire à davantage de sérénité durant cette période, ces réseaux criminels continuent d’alimenter un marché illicite qui cible en priorité les populations les plus vulnérables. Ramadan ou non, la lutte contre ce fléau demeure un enjeu permanent de sécurité publique.
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