En plein mois sacré du Ramadan, une nouvelle controverse secoue les réseaux sociaux et ravive un débat sensible au sein de la société marocaine. La militante et figure médiatique Mayssa Salama Ennaji s’est retrouvée au centre d’une vive polémique après avoir déclaré publiquement qu’elle ne pratiquait plus le jeûne depuis plusieurs années.
Dans une vidéo largement relayée sur les plateformes numériques, elle a déclaré avoir cessé d’observer le jeûne du Ramadan depuis plus d’une décennie, évoquant un choix personnel et assumé. Elle a également dénoncé ce qu’elle considère comme une forme de stigmatisation à l’égard des personnes qui décident de ne pas pratiquer le jeûne, estimant que la pression sociale dépasse parfois le cadre strictement religieux.
Ces propos n’ont pas tardé à susciter de nombreuses réactions. Entre soutiens au nom de la liberté individuelle et critiques dénonçant une atteinte aux valeurs spirituelles du mois sacré, le débat a rapidement pris de l’ampleur.
Mais la controverse a franchi un nouveau cap lorsqu’un avocat, Maître Faiçal Amerzouk, a annoncé avoir déposé une plainte à l’encontre de Mayssa Salama Ennaji. Selon lui, ses déclarations pourraient être interprétées comme une incitation à ne pas observer le jeûne du Ramadan, ce qui, à ses yeux, constituerait une atteinte aux constantes religieuses et aux valeurs de la société marocaine.
Dans sa démarche, l’avocat considère que la liberté d’expression ne saurait, selon son argumentaire, s’exercer au détriment des fondements religieux qui structurent la vie collective durant le mois sacré. De son côté, la militante n’a pas officiellement réagi à l’annonce de cette plainte, mais ses précédentes interventions laissent entendre qu’elle revendique le droit à la liberté de conscience et d’opinion.
Cette affaire met en lumière une tension récurrente dans la société marocaine contemporaine : celle qui oppose la liberté individuelle aux attentes collectives dans un contexte marqué par de fortes traditions religieuses. Le Ramadan, au-delà de sa dimension spirituelle, reste en effet un moment de cohésion sociale, de solidarité et de partage profondément ancré dans la culture nationale.
Alors que les discussions se poursuivent en ligne et dans l’espace public, cette controverse illustre une fois de plus le rôle central des réseaux sociaux dans l’amplification des débats sociétaux, notamment lorsqu’ils touchent à la religion et aux pratiques culturelles.



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