Les dernières pluies de décembre ont offert au Maroc un bol d’air bienvenu. Selon les données officielles actualisées, les ressources en eau stockées dans les barrages ont atteint environ 6.583 millions de m³, portant le taux de remplissage national à 39,2% à la date du mercredi 31 décembre 2025.
Derrière cette moyenne, la carte hydrique du Royaume reste toutefois très contrastée. Dans le bassin du Loukkos, les indicateurs virent au vert : Oued El Makhazine grimpe à 90% (contre 69% un an plus tôt) avec 611 millions de m³, tandis que Charif Al Idrissi affiche un remplissage total (100%) avec 121 millions de m³. Même Dar Khroufa, plus modeste, progresse à 20% (97 millions de m³).
Le bassin du Sebou confirme aussi une amélioration notable : Al Wahda atteint près de 50% (1.785 million de m³), Idriss Ier monte à 39% (447 millions de m³), pendant que Allal Al Fassi reste solide à 97%.
Là où l’enjeu demeure aigu, c’est dans les bassins structurellement sous tension. Dans Oum Er-Rbia, Bin El Ouidane remonte à 16% (204 millions de m³), mais Al Massira reste à un niveau très faible, autour de 5% (138 millions de m³), malgré une légère amélioration par rapport à l’an dernier.
Dans Souss-Massa, Mohamed Mokhtar Soussi demeure à 10% (4 millions de m³) et Youssef Ben Tachfine à 16% (48 millions de m³), illustrant la fragilité persistante des zones les plus exposées au stress hydrique.
À l’inverse, le bassin du Bouregreg affiche une situation nettement plus confortable : Sidi Mohamed Ben Abdellah frôle les 94% (916 millions de m³), un signal fort pour l’axe Rabat–Salé et sa sécurité hydrique.
Au final, si l’épisode pluvieux a clairement redressé les courbes, il rappelle surtout une réalité : le Maroc avance désormais avec une hydrologie “à deux vitesses”, où chaque bassin raconte une histoire différente — entre soulagement au nord et vigilance maximale au centre-sud.



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