L’hypothèse d’un report des élections législatives prévues en septembre 2026 est désormais prise très au sérieux au sein de l’administration et des formations politiques. Ce scénario, qui semblait encore improbable il y a quelques mois, gagne progressivement en crédibilité.
La raison, initialement absente des premières discussions préparatoires, s’est imposée d’elle-même : l’évolution significative du dossier du Sahara. Les avancées enregistrées dans le cadre de la médiation américaine, déterminée à surmonter les obstacles pour parvenir à un règlement définitif et à la mise en œuvre du plan d’autonomie dans un délai de quelques mois, placent le Maroc face à une nouvelle séquence politique et institutionnelle.
La concrétisation de ce plan impliquerait en effet l’installation d’instances représentatives régionales adaptées au futur statut des provinces du Sud. Cela suppose un chantier juridique et organisationnel conséquent, nécessitant du temps et une coordination rigoureuse. L’organisation d’élections dans un nouveau format, en cohérence avec l’autonomie envisagée, devrait alors être envisagée au même titre que dans les autres régions du Royaume.
À cela s’ajouterait un autre défi majeur : le retour éventuel des populations sahraouies vivant dans les camps de Tindouf, leur recensement et leur intégration dans le processus électoral. Autant d’étapes complexes qui exigeraient un cadre clair et des garanties administratives solides.
Dans le scénario le plus favorable, si les discussions actuelles s’accélèrent comme le souhaite Washington, les autorités marocaines seraient engagées dans une véritable course contre la montre. Il leur faudrait alors concilier la mise en œuvre du plan d’autonomie avec les échéances législatives, régionales et communales, afin d’offrir au Sahara sa nouvelle architecture institutionnelle dans des conditions optimales.
Par Jalil Nouri



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