Totalement incompréhensible reste la politique de l’information sur les supports du pôle audiovisuel public après la tenue des discussions sur le Sahara à Madrid, dimanche et lundi, en présence de représentants du Maroc, de l’Algérie, de la Mauritanie et des séparatistes du Polisario, afin de donner forme à la résolution 2797 de l’ONU.
À la surprise générale, un black-out systématique a été imposé aux rendez-vous d’information sur un sujet certes sensible, mais nullement tabou, privant les Marocains de s’intéresser à une série de réunions qui conditionneront l’avenir du Sahara.
Cette attitude tranche étrangement avec les médias audio privés et leur couverture intégrale de cet événement, tenu à l’ambassade des États-Unis à Madrid en présence de l’envoyé spécial onusien, suivi par toute la presse espagnole, mais passé sous silence dans le Royaume, comme s’il s’agissait d’infantiliser l’opinion publique, jugée immature pour comprendre les susceptibilités entourant un sujet la concernant depuis plus de 50 ans. Est-ce bien là le but recherché : la tenir éloignée du sens de l’Histoire ?
L’on n’aura jamais assisté à un tel malaise au sein des rédactions de la SNRT, de 2M et de Medi 1, devenue radio et chaîne TV publiques, dont les journalistes se sont contentés d’une simple phrase pour évoquer une rencontre diplomatique majeure étalée sur deux jours, largement couverte — et dénaturée — à Alger.
Mais les Marocains, nombreux à s’intéresser à ce dossier, compenseront leur déception en se rabattant sur leurs smartphones et oublieront ce manque de traitement local inacceptable de l’information sur un sujet sérieux, préférant se voir gaver de football.
Il est grand temps de remettre à plat toute la politique médiatique du pays, à l’approche de grandes échéances politiques et sportives, afin de savoir où nous en sommes réellement dans le progrès de ce domaine et comment y remédier dès aujourd’hui.
Par Jalil Nouri










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