L’adoption, le 31 octobre 2025, de la Résolution 2797 par le Conseil de sécurité des Nations unies marque une étape déterminante dans l’évolution du dossier du Sahara marocain. Pour la première fois, une résolution onusienne consacre explicitement le plan d’autonomie proposé par le Maroc en 2007 comme « la base centrale et crédible » d’un règlement politique durable, actant l’impasse des approches antérieures, notamment celle du référendum d’autodétermination, longtemps évoquée par l’Algérie mais jamais réalisable.
Cette inflexion majeure a été renforcée par une évolution tout aussi significative de la position européenne. Les 27 États membres de l’Union européenne ont, pour la première fois, adopté une « position commune unanime » en soutien aux paramètres définis par la Résolution 2797. Une telle convergence est sans précédent depuis l’inscription du différend à l’agenda des Nations unies en 1975, et confère au cadre onusien actuel une légitimité politique renforcée.
Ce consensus européen s’est formalisé le 30 janvier 2026, lors de la 15ᵉ session du Conseil d’association UE–Maroc, au cours de laquelle l’Union a reconnu le plan d’autonomie marocain comme « la base unique des négociations politiques menées sous l’égide de l’ONU ». Dans le communiqué conjoint publié à l’issue de cette réunion, l’UE a souligné sa disponibilité à accompagner les efforts visant à préciser les modalités concrètes d’une « autonomie effective sous souveraineté marocaine », tout en réaffirmant son soutien au rôle prépondérant du Royaume.
Sur le plan diplomatique, la Résolution 2797 a bénéficié du soutien unanime des membres européens du Conseil de sécurité, y compris d’États traditionnellement réservés sur ce dossier. Cette convergence traduit une évolution notable de la perception européenne du conflit, désormais envisagé sous l’angle du réalisme politique, de la stabilité régionale et de la recherche d’une solution pragmatique.
Par ailleurs, le Parlement européen a validé plusieurs accords commerciaux et sectoriels incluant les produits originaires des provinces du Sud, confirmant leur accès préférentiel au marché européen. Cette reconnaissance économique, en cohérence avec la position politique de l’Union, contribue à consolider l’intégration du Sahara marocain dans les échanges euro-méditerranéens.
L’alignement européen intervient dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires, économiques et géopolitiques croissants. La coopération entre le Maroc et l’Union européenne est déjà dense dans des domaines stratégiques tels que l’agriculture, l’énergie, la pêche, la lutte contre le terrorisme, la gestion des flux migratoires et l’enseignement supérieur. La reconnaissance de la souveraineté du Royaume sur son Sahara est susceptible de renforcer cette coopération, en offrant une visibilité et une stabilité accrues aux partenariats existants et futurs.
En consacrant l’autonomie sous souveraineté marocaine comme référence centrale du processus onusien, l’Union européenne met fin à des ambiguïtés qui avaient longtemps affaibli la lisibilité de sa position. Cette évolution s’inscrit pleinement dans la dynamique diplomatique impulsée par le Royaume, en faveur de la reconnaissance de la marocanité du Sahara et du règlement pacifique et négocié du conflit.
L’alignement européen sur la Résolution 2797 ne constitue pas seulement une avancée diplomatique ; il ouvre la voie à un partenariat euro-marocain renouvelé, fondé sur une vision partagée de la stabilité régionale, du développement durable et de la coopération stratégique. Dans un environnement international de plus en plus instable, cette clarification apparaît comme un facteur essentiel de prévisibilité et de confiance mutuelle.
Par Moha Ennaji – chercheur universitaire et écrivain










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