Le secteur de la santé et de la protection sociale traverse une nouvelle zone de turbulences. Les syndicats ont ressorti l’arme de la protestation pour dénoncer le non-respect des engagements pris par le ministère, faisant monter la pression dans un système déjà fragilisé.
La tension s’est accentuée après l’annonce de la négation indépendante des infirmiers de quitter le cadre de coordination syndicale du secteur. Son représentant, Mohamed Boukaddour, explique que cette décision découle du « manque de volontarisme » dans l’action commune : « Le ministère n’a pas activé les clauses convenues, prétextant l’attente des décrets. Nous lui avons laissé de multiples chances pour éviter l’escalade, mais nous n’avons constaté que tergiversations et fuite en avant ».
Selon lui, le retard accumulé a plongé le secteur dans une situation de flottement, d’autant que les accords précédents n’ont pas suffisamment pris en compte la réalité des infirmiers, pourtant les plus nombreux et les plus exposés. L’accord du 23 juillet 2024, présenté comme une avancée majeure, reste en grande partie lettre morte : décrets financiers, années de bonification, révision du décret 55.92… autant de chantiers bloqués.
De son côté, Adel Aouine, dirigeant de la Fédération nationale de la santé et membre de la coordination, estime que leur dernier communiqué « n’est pas un simple texte de protestation, mais un document qui dresse un diagnostic précis d’un secteur étouffé par les promesses non tenues et un dialogue social décalé par rapport à la gravité des dysfonctionnements ».
Pour lui, l’heure n’est plus aux discours, mais à des décisions exécutives rapides : « Soit les engagements du 23 juillet 2024 sont appliqués dans leur intégralité, soit le secteur entrera dans une phase de tension dont les premiers à pâtir seront les citoyens ».
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