L’épouse du prince Moulay Rachid, la princesse Lalla Oum Kaltoum, vient de donner le coup d’envoi de la nouvelle fondation qu’elle a initiée et qu’elle présidera, avec pour objectif de se mobiliser en faveur des personnes en situation de vulnérabilité psychique.
Il s’agit là de la première fondation au Maroc en charge d’une telle mission de soutien à cette catégorie, avec un engagement de la princesse, de son conseil d’administration et de ses équipes en faveur de la santé mentale, à travers un ambitieux programme de sensibilisation, de prévention et de soutien aux personnes souffrant de troubles, comblant ainsi un vide. La première réunion de ce conseil vient de se tenir à Rabat pour fixer les grands axes de la fondation, qui seront déclinés plus tard dans le détail.
Ce type de troubles touche un niveau très élevé de la population, soit pratiquement sa moitié, avec 48,9 % de cas estimés, dans un contexte de manques notoires en personnel spécialisé : le nombre de psychiatres ne dépassant pas 454 à travers tout le pays, parallèlement à un nombre insuffisant de structures d’accueil, soit 2 431 lits, alors que le budget général de la santé ne leur consacre que 2 % au total.
Ce sombre tableau a été dressé par le CESE, le Conseil économique, social et environnemental, qui a mené une étude approfondie sur le sujet pour aboutir à un état des lieux des plus critiques, notamment en matière de suivi et de prise en charge des malades, avec de lourdes conséquences sociales et économiques induites par ce fléau, qui ne bénéficie pas de toute l’importance qu’il mérite auprès des pouvoirs publics. C’est dire le poids des attentes et des charges qui pèsent sur cette institution, dont le travail nécessitera une enveloppe importante au niveau national, ainsi que des financements et aides extérieurs dans le cadre de la coopération internationale.
Il s’agit de la première activité officielle de ce type et de sa première expérience bénévole institutionnelle dans le domaine social, pour laquelle il faudra lui souhaiter beaucoup de courage et d’abnégation face à l’ampleur nationale du chantier.
Par Jalil Nouri



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