Au départ et à l’arrivée des engins, tout laissait présager une évacuation sans heurts du douar Al Askar, situé dans le périmètre d’Aïn Borja, dans la capitale économique. Mais une chaîne humaine attendait les forces d’intervention.
Armés de pierres et d’objets contondants, les habitants, femmes et enfants en tête pour servir de bouclier, ont opposé une vive résistance, déterminés à rester devant leurs baraques nuit et jour si l’opération d’évacuation n’était pas suspendue, tant que les autorités ne leur remettraient pas, par écrit et dûment signées, les garanties d’un relogement gratuit et digne. Les promesses faites oralement n’ont eu aucun effet, conduisant inévitablement à un face-à-face tendu avec les forces de l’ordre.
Des dizaines d’adolescents du douar ont alors commencé à jeter des pierres et des bouteilles incendiaires, provoquant des blessés parmi les groupes d’intervention et installant un climat de tension rarement observé dans ce type d’opérations, pourtant fréquentes dans d’autres quartiers de la ville et de sa périphérie. Sous l’autorité du wali Mhidia, la capitale économique a intensifié ses efforts pour éradiquer le phénomène des bidonvilles à la racine et redonner à la ville un nouveau visage, débarrassé de l’habitat insalubre.
Au douar Al Askar d’Aïn Borja, l’opération de démolition a été provisoirement suspendue, dans l’attente d’un dénouement. Les habitants, eux, affirment qu’ils ne quitteront pas les lieux tant que le document d’engagement ne leur sera pas remis en main propre. Le temps semble suspendu dans ce bidonville, mais la tension, elle, reste intacte.
Par Jalil Nouri



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