Si les coutumes se perpétuent de mois sacré en mois sacré à travers les siècles, les préparatifs ont, eux aussi, la particularité de se maintenir sur une même ligne solide.
À l’exception de la saison durant laquelle il se déroule et des fluctuations des prix à la consommation qui explosent durant cette période, les préparatifs obéissent au même rituel et aux mêmes actes d’achat pour un Ramadan réussi.
À quelques jours de son entame, ce mois de recueillement, qui coïncide curieusement avec une poussée incontrôlable de la consommation chez les jeûneurs, pousse les familles à s’approvisionner plus qu’il n’en faut en denrées qui resteront stockées bien après la fin du Ramadan, notamment dans les foyers à revenus intermédiaires ou supérieurs.
Généralement, ces préparatifs, qui atteignent leur paroxysme dans les derniers jours qui le précèdent, mettent petits et grands à contribution pour la confection de toutes les variétés de mets indispensables à la présentation d’une table généreuse à chaque rupture du jeûne, sans toucher aux fondamentaux que sont les pâtisseries, les préparations spéciales à base de farine et d’amande ainsi que les vieilles recettes de grand-mère, inépuisables. Les guides de cuisine sont souvent sollicités pour préserver les traditions tout en y apportant quelques changements mineurs. Car, dans l’ensemble, si les traditions se maintiennent, il en est de même pour les produits utilisés et les achats effectués dans des centres commerciaux bondés.
Pour leur part, les télévisions publiques, toujours pressées d’annoncer en grande fanfare les productions préparées durant les onze mois restants, restent fidèles à leur constance éprouvante : manque d’imagination et attachement à des concepts de plus en plus médiocres. Il faudra encore les remercier pour cette paresse créative et cette indigestion généreusement servie au public à chaque rupture du jeûne.
Par Mounir Ghazali










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