La hausse n’aura surpris que les observateurs les plus distraits. Depuis ce 1er avril 2026, le marché marocain du tabac connaît une nouvelle révision tarifaire, officialisée par l’Administration des douanes et impôts indirects, à travers un arrêté de la ministre de l’Économie et des Finances modifiant la liste des prix de vente au public des tabacs manufacturés. Cigarettes, cigares et cigarillos sont concernés par ce nouvel ajustement, qui s’inscrit dans la continuité d’une réforme fiscale engagée depuis plusieurs années.
Dans les faits, cette nouvelle hausse reste ciblée, mais elle touche des références bien connues des fumeurs marocains. Selon les informations relayées ce 1er avril, des marques comme Marvel, Marquise ou certaines Gauloises enregistrent des variations allant globalement de 0,5 à 1 dirham, même si, selon d’autres relevés publiés le même jour, quelques références précises affichent des écarts plus fins ou même des réajustements à la baisse pour certaines variantes. TelQuel cite par exemple Casa à 31,5 dirhams contre 31 auparavant, Marquise Classic à 31 dirhams, Marvel à 31,5 dirhams, tandis que certaines Gauloises retombent à 28 dirhams.
Cette hausse d’avril n’est d’ailleurs pas un épisode isolé. Elle intervient à peine trois mois après une première vague de relèvement appliquée au 1er janvier 2026, qui avait déjà concerné plusieurs marques populaires et de milieu de gamme. À l’époque, des références comme Marquise, Marvel, Gauloises ou Fortuna avaient déjà vu leurs prix progresser, confirmant une tendance haussière désormais bien installée sur le marché national du tabac.
Le moteur principal de cette évolution est connu : la réforme de la Taxe intérieure de consommation sur le tabac, prévue par la loi de finances 2022 selon un schéma progressif étalé sur la période 2022-2026. L’objectif affiché est double : accroître les recettes fiscales de l’État et réduire progressivement les écarts de prix entre les différentes catégories de cigarettes, notamment entre l’entrée de gamme et les segments plus premium. La réforme a notamment relevé d’année en année la quotité spécifique de la TIC sur les cigarettes jusqu’à 2026.
Derrière la mécanique budgétaire, cette nouvelle révision relance aussi un débat de santé publique. L’Organisation mondiale de la santé comme les autorités sanitaires rappellent régulièrement que le renchérissement du tabac fait partie des leviers classiques pour contenir la consommation, en particulier chez les jeunes et les fumeurs à revenus modestes. Mais dans l’immédiat, pour les consommateurs, la lecture est plus simple : au Maroc, la cigarette continue de coûter plus cher, par petites touches successives, jusqu’à transformer la hausse en routine.












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