Les tensions entre l’Afghanistan et le Pakistan ont franchi un nouveau seuil critique ce jeudi, après que le gouvernement Taliban a officiellement annoncé avoir lancé des attaques contre des positions pakistanaises, en riposte aux frappes aériennes menées par Islamabad sur le territoire afghan ces derniers jours.
Le porte-parole des Taliban dans l’est de l’Afghanistan, Wahidullah Mohammadi, a déclaré dans une allocution vidéo que les forces frontalières afghanes avaient déclenché des attaques intensives contre des positions pakistanaises, en réponse aux bombardements d’Islamabad sur les provinces de Nangarhar et Paktia. Le gouvernement afghan est allé plus loin, affirmant par la voix de son porte-parole adjoint Hamdullah Fitrat que l’armée aurait pris le contrôle de 15 positions militaires avancées côté pakistanais.
Du côté d’Islamabad, le ton est tout aussi ferme. Le ministère pakistanais de l’Information a indiqué sur la plateforme X que l’Afghanistan avait ouvert des tirs non provoqués sur plusieurs sites situés dans la province de Khyber Pakhtunkhwa, ajoutant que ces actes faisaient l’objet d’une réponse immédiate et efficace. Le Pakistan, de son côté, accuse depuis longtemps son voisin afghan d’abriter des groupes armés qui mènent des attaques sur son territoire, des accusations que Kaboul réfute catégoriquement.
Cette nouvelle escalade s’inscrit dans une spirale de violence qui s’emballe depuis les frappes aériennes pakistanaises des samedi et dimanche derniers, lesquelles avaient déjà fragilisé un cessez-le-feu précaire conclu après de violents affrontements en octobre. Le mardi suivant, des échanges de tirs avaient déjà eu lieu à la frontière, chaque camp accusant l’autre d’avoir tiré en premier. La frontière commune longue de 2600 kilomètres est désormais au cœur d’une crise dont l’issue reste très incertaine, dans une région déjà marquée par des décennies d’instabilité.



Contactez Nous