C’est une décision qui résonne comme un avertissement pour tous les délégataires de services publics. Le tribunal administratif de Tanger vient de condamner Amendis à indemniser un usager après une coupure d’eau sans avertissement, survenue les 18 et 19 août 2025. Privé d’eau pendant plus de dix heures, le plaignant affirme n’avoir reçu aucune notification préalable, ni explication, avant de voir son robinet se tarir.
Loin de se résigner, l’habitant a fait constater l’interruption par procès-verbal avant de saisir la justice. Le tribunal lui a donné raison, considérant qu’une coupure “sèche” heurte de front un principe cardinal du service public : la continuité de la prestation, mais aussi l’obligation d’information de l’usager. Résultat : 7 000 dirhams de dommages et intérêts, et des frais de justice mis à la charge de l’entreprise.
Au-delà du montant, c’est la portée du jugement qui retient l’attention. La décision rappelle qu’un opérateur, même délégataire, reste tenu par des obligations strictes envers les citoyens : transparence, communication, respect des procédures et proportionnalité des mesures. En creux, elle conforte l’idée qu’au Maroc, le consommateur dispose de voies de recours réelles face aux abus, y compris lorsqu’il s’attaque à un acteur puissant.
Cette condamnation s’inscrit dans un climat déjà lourd autour d’Amendis, entreprise en charge depuis 2002 de la distribution d’eau et d’électricité et de l’assainissement dans le Nord, dans le cadre de la gestion déléguée. Depuis des années, l’opérateur fait face à de nombreux litiges : contestations de coupures, différends sur compteurs ou facturation, plaintes d’associations, mais aussi contentieux liés à des prestations et travaux menés avec des tiers. Plusieurs affaires ont déjà atterri devant la justice, comme cette condamnation rapportée en 2023 à Tétouan après l’enlèvement de compteurs. Des plaintes d’organisations de défense des droits avaient également été évoquées par le passé au sujet du respect du contrat de délégation.
En somme, le jugement de Tanger vient rappeler une règle simple : couper l’eau sans prévenir n’est pas un “détail technique”, mais une faute susceptible d’engager la responsabilité du délégataire.











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