Le quartier Mesnana, à Tanger, s’est réveillé samedi matin sous le choc après la découverte macabre d’une même famille retrouvée sans vie à son domicile. Le père, âgé d’une quarantaine d’années, son épouse et leurs deux enfants de 13 et 4 ans auraient succombé à une intoxication au monoxyde de carbone, vraisemblablement provoquée par une fuite de gaz émanant du chauffe-eau.
L’émotion est immense dans ce quartier brutalement plongé dans le deuil. Mais au-delà de la douleur, ce nouveau drame remet sur la table une question aussi grave qu’ancienne : combien de familles devront encore périr dans des circonstances similaires avant qu’une véritable politique de prévention ne soit imposée ?
Car ce type d’accident n’a malheureusement rien d’exceptionnel au Maroc. Chaque année, surtout en période de froid ou dans des logements mal ventilés, les intoxications au monoxyde de carbone continuent de faire des victimes. Et chaque fois, le même scénario se répète : stupeur, enquête, consternation, puis oubli… jusqu’au drame suivant.
Les éléments préliminaires de l’enquête évoquent une fuite de gaz provenant du chauffe-eau, tandis que la protection civile et les services de sécurité se sont rendus sur place pour sécuriser les lieux et ouvrir une enquête judiciaire. Les dépouilles ont été transférées à la morgue pour les examens d’usage.
Mais l’essentiel est ailleurs : dans un pays où les appareils à gaz restent largement utilisés, l’absence de contrôle régulier, le manque de sensibilisation des ménages et la faiblesse des normes de prévention continuent de transformer des foyers en pièges mortels. Ce drame de Tanger n’est pas seulement un fait divers tragique. Il est le reflet d’un danger connu, répété, et trop souvent négligé.












Contactez Nous