L’affaire impliquant le président du Conseil provincial de Taza prend une tournure judiciaire marquante. Abdelilah Baaziz, élu sous les couleurs du Rassemblement national des indépendants (RNI), a comparu ce vendredi devant la chambre des délits flagrants du tribunal de première instance de Fès, dans le cadre d’une affaire portant sur de lourdes accusations, notamment de falsification de documents et de fraude fiscale.
Poursuivi en état d’arrestation aux côtés de onze autres personnes, l’élu se retrouve au cœur d’un dossier complexe impliquant un total de douze accusés. Face à l’ampleur des charges et à la nécessité d’un examen approfondi des éléments du dossier, la juridiction, présidée par le juge Abdelmajid Ouzani, a décidé de reporter l’audience au 17 avril, afin de permettre à la défense de préparer ses arguments et de prendre connaissance des pièces versées au dossier.
Au cours de l’audience, les avocats de la défense ont plaidé en faveur d’une mise en liberté provisoire de leurs clients, mettant en avant les garanties de représentation et leur disposition à s’acquitter d’une caution. Une requête à laquelle le parquet s’est opposé, préférant maintenir les accusés en détention en attendant la décision du tribunal.
L’affaire trouve son origine dans plusieurs plaintes déposées par une douzaine de victimes présumées, ainsi que dans les témoignages recueillis auprès de plusieurs personnes impliquées. Selon les éléments de l’enquête, les faits reprochés au principal mis en cause sont particulièrement graves, allant de l’escroquerie à la falsification de documents commerciaux et administratifs, en passant par l’émission de certificats contenant des informations erronées et la fraude fiscale via l’utilisation de factures fictives.
Les autres coaccusés font également face à une série de charges similaires, incluant la participation à des actes de fraude, la fabrication et l’usage de documents falsifiés ainsi que l’implication dans des opérations financières suspectes. La multiplicité des chefs d’accusation laisse entrevoir un réseau structuré, dont les ramifications pourraient être plus larges que ce que révèle à ce stade l’instruction.
Cette affaire intervient dans un contexte où la lutte contre la corruption et les délits financiers constitue une priorité affichée des autorités judiciaires. Elle relance également le débat sur la responsabilité des élus locaux et la nécessité de renforcer les mécanismes de contrôle et de transparence dans la gestion des affaires publiques.
En attendant la prochaine audience, l’opinion publique reste attentive à l’évolution de ce dossier sensible, dont l’issue pourrait avoir des répercussions importantes tant sur le plan judiciaire que politique.












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