Le prestigieux classement annuel de Forbes des milliardaires mondiaux, édition 2025, vient de paraître. Il recense 2.781 milliardaires à travers le monde, pour une fortune cumulée dépassant les 14.000 milliards de dollars. Trois Marocains y figurent cette année encore, confirmant la présence discrète mais solide du Royaume dans le gotha économique mondial.
En tête des fortunes marocaines, Othman Benjelloun, figure incontournable du secteur bancaire, voit sa richesse grimper à 1,6 milliard de dollars, contre 1,4 milliard l’an passé. Président-directeur général de Bank of Africa (ex-BMCE), il a consolidé un empire financier étendu sur plus de 20 pays africains. Sa holding FinanceCom détient également une participation stratégique dans Orange Maroc, consolidant sa position dans les télécommunications.
Anas Sefrioui, fondateur du groupe Douja Promotion Addoha, partage la première place au niveau national avec une fortune équivalente. Acteur majeur du logement social au Maroc, il a su capter les marchés publics tout en se diversifiant dans les matériaux de construction (ciment, plâtre) et l’immobilier touristique.
En troisième position figure Aziz Akhannouch, chef du gouvernement et homme d’affaires, avec une fortune de 1,5 milliard de dollars, en baisse par rapport aux 1,7 milliard enregistrés en 2024. Propriétaire du groupe Akwa, un conglomérat familial opérant dans les secteurs du pétrole, du gaz, de la chimie et de la distribution, Akhannouch est aussi actionnaire de référence dans Afriquia Gaz et Maghreb Oxygène, toutes deux cotées à la Bourse de Casablanca.
Un trio puissant, mais isolé
À l’échelle africaine, ces trois figures marocaines se classent respectivement 14e, 14e ex-aequo et 16e, loin derrière le Nigérian Aliko Dangote, toujours numéro un du continent avec plus de 13,4 milliards de dollars de fortune.
Si leur présence confirme la vitalité de certains secteurs clés du Royaume – finance, immobilier, énergie – le Maroc reste peu représenté au sein du club très fermé des milliardaires, comparé à des pays comme l’Égypte, le Nigeria ou l’Afrique du Sud.
Cette concentration de la richesse interroge également sur les inégalités économiques au Maroc, où plus de 3,2 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, selon le HCP. À l’heure où la question de la justice sociale est au cœur du débat politique, ce classement pourrait relancer les discussions sur la répartition des richesses et l’impact des grandes fortunes sur l’économie nationale.