Le ton martial a brusquement cédé la place à une ouverture diplomatique inattendue. Après avoir brandi, samedi soir, la menace d’une destruction des centrales électriques iraniennes si Téhéran ne rouvrait pas le détroit d’Ormuz au trafic maritime dans un délai de 48 heures, Donald Trump a finalement annoncé, lundi, des discussions jugées « très positives » entre Washington et Téhéran en vue d’une cessation totale des hostilités. Le président américain a en parallèle indiqué reporter de cinq jours toute frappe visant les infrastructures énergétiques iraniennes.
Ce spectaculaire changement de cap a immédiatement produit ses effets sur les marchés. Le pétrole, dopé ces derniers jours par la crainte d’un embrasement régional majeur, a brutalement décroché après l’annonce de ce sursis. Vers 11h20 GMT, le Brent pour livraison en mai chutait de 9,63 % à 101,39 dollars, après avoir brièvement perdu plus de 14 %, tandis que le baril américain WTI reculait de 9,39 % à 89,01 dollars. Dans le même mouvement, les principales places boursières européennes retrouvaient des couleurs, avec des hausses marquées à Paris, Francfort et Londres.
Sur le terrain diplomatique et militaire, la tension reste pourtant vive. Oman a fait savoir qu’il travaillait activement à la mise en place d’un passage sécurisé dans le détroit d’Ormuz, artère stratégique du commerce mondial de l’énergie, alors que Moscou et Téhéran ont échangé au plus haut niveau pour appeler à un arrêt immédiat des hostilités et à une issue politique. Dans le même temps, le porte-avions américain USS Gerald Ford a gagné la base navale de Souda, en Crète, après un incendie non lié aux combats survenu en mer Rouge.
La désescalade annoncée par Washington ne signifie cependant nullement un retour au calme. Avant le revirement américain, l’Iran avait menacé de miner les voies d’accès dans le Golfe en cas d’attaque contre ses côtes ou ses îles. Les médias iraniens ont par ailleurs diffusé des listes de cibles énergétiques potentielles à travers le Moyen-Orient, visant notamment des infrastructures en Israël, en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis, au Qatar et au Koweït. Dans ce climat explosif, l’armée israélienne a affirmé avoir détecté lundi des missiles tirés depuis l’Iran en direction de son territoire.
Ce brusque passage de la menace à la négociation illustre surtout l’extrême volatilité d’un conflit capable, en quelques heures, de faire vaciller à la fois l’équilibre militaire régional et les marchés mondiaux de l’énergie.












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