De toute évidence, il n’échappera à personne que le roi Mohammed VI, actionnaire majoritaire avec sa famille de la plus importante holding du pays, Al Mada, a donné son accord à la nomination d’une femme à la tête du groupe, afin de donner l’exemple et d’inciter le monde des affaires à en faire de même.
Le message sous-entendu est clair : il est temps de donner davantage de consistance au leadership féminin, aussi bien dans le secteur public, au sein de ses établissements, que dans le secteur privé, où la gouvernance demeure largement masculine et où trop peu de femmes accèdent encore aux plus hautes fonctions de management. Dans de nombreux groupes, les mentalités évoluent lentement face aux attentes, et le leadership féminin n’y a pas encore trouvé toute la latitude qu’il est en droit d’espérer.
Il faut dire qu’au sein de la holding Al Mada, la décision n’a pas été difficile à prendre, tant le profil incarné par Noufissa Kassar s’est imposé naturellement. Pur produit polytechnicien de la finance, elle est parfaitement au fait des rouages du groupe et a été un acteur central du nouveau positionnement stratégique d’Al Mada, aux côtés, pendant près d’une décennie, de l’ancien numéro un aujourd’hui disparu.
Il y a une semaine jour pour jour, Hassan Ouriagli, ex-PDG de la holding royale Al Mada, est décédé à Paris des suites d’une maladie. À la tête de la société-mère regroupant des activités couvrant la banque et l’assurance, l’immobilier, les télécommunications, les mines, la construction, l’énergie, ainsi que la distribution et le tourisme, il laissait derrière lui un héritage managérial majeur. Il devenait donc urgent de lui trouver un successeur et, pour le conseil d’administration, il est rapidement apparu que la personne la mieux placée, au regard de ses compétences, était une femme, depuis longtemps pressentie pour de très hautes responsabilités. Le fait qu’elle soit une leader féminine n’a fait que conforter ce choix, l’actionnaire majoritaire appelant de ses vœux à voir davantage de femmes tenir les rênes des champions nationaux afin de donner un sens fort à l’image véhiculée par le pays.
Pour assurer la succession sans délai, le Souverain a ainsi donné son accord, parmi les noms proposés par ses conseillers, à celui de Noufissa Kassar. Discrète polytechnicienne, peu connue des médias et de l’opinion publique, elle n’en demeure pas moins une figure centrale au sein d’Al Mada, où elle a effectué l’ensemble de sa carrière. Issue de la banque et de la finance, elle a rejoint la holding, gravissant progressivement tous les échelons jusqu’à devenir directrice générale adjointe et bras droit du défunt patron, dont elle partageait la vision et accompagnait le parcours fulgurant.
Par Jalil Nouri











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