Plus rien n’arrête la spirale des prix des produits de première nécessité durant les premiers jours du mois sacré du Ramadan, placés encore une fois sous le signe de la vie chère, de la spéculation et des pénuries, soit de marques en rupture de stock faute d’approvisionnement régulier, soit de produits absents sans prévenir, comme les dattes tunisiennes qui, pour des raisons politiques, n’ont franchi progressivement les frontières qu’en toute dernière minute.
Quelques exemples de ces abus à répétition : les sardines à 30 dirhams le kilo, les tomates et les pommes de terre à 12 dirhams, sans parler de fruits devenus inaccessibles.
Résultat de cette lutte perdue d’avance par les autorités et les commissions de contrôle des prix : un marché hors la loi appliquant les tarifs qui lui conviennent le plus à la hausse. La flambée du mois sacré n’étonne plus, car devenue partie du paysage pour ne plus en sortir.
L’inflation prend toute sa liberté, sans aucun sens de la mesure et de l’acceptable, tant qu’il n’y aura pas un jour, encore lointain, une réelle reprise en main des circuits sinueux où tout se vend à l’entrée des villes et s’achète par des hordes de spéculateurs sans foi, empochant dans leur part beaucoup plus que ne reçoit l’agriculteur, toujours lésé dans les circuits.
Les commerçants ne font que répercuter les hausses qui leur sont imposées, et il est souvent injuste de vouloir leur reprocher d’être de connivence avec les spéculateurs.
La machine infernale s’est déclenchée plusieurs jours avant le début du mois sacré, sauf que cette année, et de l’avis unanime, les marchés et supermarchés ne connaissent pas la même fréquentation que les années précédentes, mises sous pression de manière régulière depuis près de dix ans que sévit cet emballement.
Il est vrai, et en attendant les chiffres officiels mais révélateurs du Haut-Commissariat au Plan, que le pouvoir d’achat du Marocain a été frappé, encore plus cette année, d’une épidémie d’anémie contaminant toutes les couches sociales, à l’exception des plus aisées dont les membres restent épargnés par ces soucis du quotidien des autres franges.











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