La gravité de la situation survenue ces derniers jours, qui aurait pu se transformer en catastrophe maritime dans les eaux marocaines mais aussi dans l’ensemble du détroit de Gibraltar, n’a trouvé que peu d’échos en Espagne et relativement peu au Maroc, alors que le pire a été évité de justesse.
Tout est parti de l’immobilisation en pleine mer, et au beau milieu du détroit — une zone à très fort trafic des navettes de ferries assurant la liaison avec l’Espagne, ainsi que de nombreux navires commerciaux à destination du port de Tanger Med — d’un pétrolier russe, le Chariot Tide. Le navire a dérivé pendant plusieurs heures en raison de la perte de contrôle par son équipage, avec des risques majeurs de déversement de sa cargaison, aux lourdes conséquences écologiques, ou de collision avec d’autres bâtiments.
Suivi de très près dans sa dérive par les autorités portuaires de Tanger et leurs homologues espagnoles, prêtes à intervenir depuis l’autre rive sur fond de concertations internationales continues, le pétrolier russe a finalement été secouru et remorqué par quatre bateaux marocains dépêchés sur zone et dotés des moyens nécessaires.
Progressivement remorqué et stabilisé, après la remise en marche de son moteur, le Chariot Tide s’est redressé définitivement, au grand soulagement des autorités maritimes. Toutefois, l’affaire ne s’est pas arrêtée là. Le pétrolier se trouvait en infraction avec le droit maritime international, puisqu’il naviguait sans pavillon réglementaire indiquant son pays d’origine et son lieu d’immatriculation.
Cette absence dissimulait en réalité un procédé utilisé par la Russie, sous sanctions internationales et interdite de commerce pétrolier classique, pour écouler son pétrole. Des soupçons ont ainsi pesé sur un client potentiel dans la région, que le Maroc s’est empressé de démentir.
Par Jalil Nouri










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