L’annonce est passée presque inaperçue, mais elle pourrait bien marquer un tournant majeur dans la mobilité internationale des Marocains. Depuis le mercredi 25 février 2026, le Royaume-Uni délivre officiellement des visas électroniques (e-visa), supprimant définitivement les traditionnelles vignettes collées sur les passeports au profit d’un système entièrement dématérialisé.
Une évolution technologique qui, au-delà de sa portée administrative, relance aujourd’hui le débat sur la nécessité pour les pays de l’Union européenne d’adopter une approche similaire afin de faciliter l’accès à l’espace Schengen, notamment pour les voyageurs marocains confrontés à des procédures longues, coûteuses et parfois opaques.
Pour Ali Chtour, président de l’Association marocaine de défense des droits du consommateur, la digitalisation du visa constitue « une avancée notable », particulièrement pour certaines catégories vulnérables. Les patients atteints de maladies chroniques, contraints à des déplacements fréquents vers l’Europe pour des soins médicaux, figurent parmi les premiers bénéficiaires potentiels d’une telle réforme. La suppression des contraintes liées aux dossiers papier pourrait alléger un parcours déjà éprouvant sur le plan sanitaire.
Même constat pour les professionnels – cadres, entrepreneurs ou participants à des réunions internationales – dont les agendas imposent des déplacements rapides pour honorer des engagements à l’étranger. Dans ces cas précis, la lenteur des procédures de visa constitue souvent un frein à la mobilité économique.
Les étudiants et chercheurs marocains, régulièrement pénalisés par des délais incompatibles avec les calendriers universitaires européens, pourraient également voir leurs opportunités académiques préservées grâce à un traitement numérique accéléré des demandes.
Mais la numérisation ne saurait être une panacée. Comme le souligne Idriss Sadraoui, président de la Ligue marocaine pour la citoyenneté et les droits de l’Homme, les difficultés rencontrées par les demandeurs ne relèvent pas uniquement du format des procédures. Le coût élevé des demandes, l’intervention de prestataires privés, l’absence de motivation claire en cas de refus et les délais souvent injustifiés demeurent au cœur des préoccupations.
Dès lors, au-delà de la simple digitalisation, c’est toute l’architecture du système de délivrance des visas Schengen qui gagnerait à intégrer davantage de transparence, d’équité procédurale et de considération humaine, afin de transformer un parcours du combattant en une démarche administrative accessible et digne.


Contactez Nous