Après plusieurs années marquées par une sécheresse sévère, le Maroc semble entrer dans une phase de répit tant attendue. Les dernières données communiquées par le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, indiquent une amélioration notable des réserves hydriques. Depuis septembre dernier, les ressources en eau ont enregistré une hausse de 3,2 milliards de mètres cubes, permettant d’assurer l’approvisionnement en eau potable pour une durée estimée à un an et trois mois au niveau national.
Comparée à la même période de l’année précédente, cette amélioration représente une progression de 2 milliards de m³, une évolution significative qui redonne espoir à un pays confronté depuis plusieurs années à une raréfaction chronique de l’eau.
Une prise de conscience… mais des freins persistants
Cette embellie intervient dans un contexte où la conscience collective des Marocains sur la nécessité de préserver l’eau s’est renforcée, comme le révèle l’étude « Water Insights 2025 » de Grohe. Toutefois, l’adoption de solutions durables demeure freinée par des barrières économiques et culturelles. Les investissements dans des équipements économes en eau ou des technologies de récupération restent limités, notamment chez les ménages à faibles revenus.
Des coupures évitées cet été ?
Pour Nizar Baraka, cette évolution est porteuse d’une double promesse : assurer la continuité de l’approvisionnement dans les villes et villages, et éviter les coupures d’eau potable qui avaient marqué les étés précédents. « Grâce à Dieu, nous pourrons surmonter les difficultés rencontrées dans la distribution d’eau potable dans certaines régions pendant l’été », a-t-il affirmé lors de l’émission Sanaa wa Nass sur 2M.
L’enjeu reste de taille : gérer au mieux ce répit temporaire, tout en poursuivant les efforts de rationalisation et d’adaptation au changement climatique.
Une reprise progressive de l’irrigation agricole
Si les réserves se remplissent, c’est aussi une bouffée d’oxygène pour le secteur agricole, durement touché par les restrictions des dernières années. En 2023, seulement 900 millions de m³ d’eau ont été alloués à l’irrigation, contre une moyenne habituelle de 3 milliards en années normales.
Avec cette nouvelle dynamique, une réouverture progressive de l’irrigation est en cours. Le ministère rappelle que l’année dernière, le secteur agricole n’a utilisé que 55 % des ressources mobilisables, contre 85 % en temps normal. Cette reprise prudente vise à équilibrer les besoins agricoles avec la nécessité de préserver les stocks stratégiques pour l’eau potable.
Une embellie à gérer avec vigilance
Si cette hausse des réserves marque une étape positive, les experts appellent à la prudence. Ce sursis ne doit pas être interprété comme une sortie de crise durable, mais plutôt comme une opportunité pour renforcer les politiques de gestion durable, moderniser les réseaux hydrauliques, et encourager les comportements économes.
Face au stress hydrique devenu structurel au Maroc il faut activer sérieusement le recyclage des eaux usées après traitement bien sûr
La sensibilisation à l’économie d’eau il ne faut pas se faire d’illusions