Il l’avait promis, il l’a fait, et c’est devenu officiel depuis hier : les visas pour les États-Unis sont suspendus pour les ressortissants de 75 pays, dont le Maroc, et ce pour une durée indéterminée, le temps de revoir l’ensemble de l’architecture du système de traitement des demandes. En d’autres termes, il apparaît évident que, lors de la reprise de la délivrance des visas, la politique d’accueil sera entièrement revue, notamment à l’égard de certaines zones géographiques comme le monde arabe et l’Afrique, qui figurent parmi les plus touchées par les restrictions à venir.
Il faudra donc oublier les perspectives d’immigration vers ce pays, car la législation actuelle sera profondément remaniée et n’offrira plus que des opportunités infimes. Ce durcissement est présenté comme un filtre destiné à rejeter un maximum de dossiers, à commencer par l’obligation de maîtriser couramment l’anglais, compétence qui sera testée dans les consulats, ainsi que par les réponses à un questionnaire portant sur les convictions personnelles.
Les anciens candidats à la loterie organisée chaque année par le gouvernement américain pour permettre à des étrangers de venir s’installer aux États-Unis en obtenant la fameuse « Green Card », et qui, pour la plupart des candidats marocains, ne parlent qu’un anglais très approximatif, sont ainsi voués à figurer parmi les premiers recalés à l’entrée sur le territoire du président américain, actuellement engagé dans une guerre déclarée contre l’immigration illégale. Des immigrés installés depuis des dizaines d’années sont désormais contraints de quitter le pays, et ce, malgré le fait que leurs enfants possèdent la nationalité américaine.
En annonçant hier l’entrée en vigueur de ces nouvelles procédures, le Département d’État a mis un terme à l’American Dream, ce rêve américain dans lequel des millions de personnes avaient placé tous leurs espoirs.
Par Jalil Nouri


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