L’heure est à la mobilisation dans les universités, où des menaces de grève et des mouvements de contestation se profilent dès la rentrée.
Les syndicats d’enseignants, qui attendaient la présentation hier du projet de loi sur la réforme de la gouvernance du secteur, ont rejeté en bloc ce texte, rapidement adopté ce jeudi par le gouvernement pour être soumis au Parlement dès la rentrée d’octobre, sans aucune concertation supplémentaire.
Il est à noter que certaines dispositions du projet sont déjà appliquées dans plusieurs universités. Toutefois, les points d’achoppement demeurent nombreux et profonds, notamment autour de la suppression des instances représentatives des enseignants et de la création d’un board des gouverneurs, un conseil non élu incluant des membres externes. Cette nouvelle structure place de facto enseignants et étudiants sur la touche, les poussant à s’engager dans une véritable épreuve de force avec l’exécutif.
Pour le gouvernement, la réforme vise à aligner l’université sur les grands chantiers de développement du pays, en lui confiant un rôle central dans la formation d’un capital humain adapté aux politiques et programmes publics. Mais pour les syndicats et les étudiants, il s’agit d’un texte rétrograde qui menace une tradition démocratique ancrée dans l’enseignement supérieur, en réduisant leur implication dans la gestion des établissements.
En cas de radicalisation de leurs positions – une hypothèse jugée très probable – ces acteurs pourraient ouvrir un front de contestation susceptible de déstabiliser l’ensemble de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique.
Par Jalil Nouri
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