À l’heure où le Maroc accélère sa mue énergétique, le groupe OCP s’impose comme l’un des principaux moteurs industriels de cette transition, en s’appuyant sur un déploiement rapide de projets solaires de grande taille et sur une stratégie de sécurisation de son approvisionnement électrique. Le mouvement s’inscrit dans une trajectoire nationale plus large : Rabat vise 52% de capacité électrique installée issue des renouvelables à l’horizon 2030, avec un vaste programme d’investissements pour augmenter l’offre de production.
Selon le dernier MENA Energy Outlook 2026 de Dii Desert Energy, le Maroc a terminé l’année 2025 avec environ 3,53 GW de capacité renouvelable opérationnelle, en hausse par rapport à 2024, et l’éolien y pèse déjà lourd (2.402 MW). Ces chiffres confirment la place du Royaume parmi les marchés les plus dynamiques de la région MENA, même si la cadence est désormais tirée par des projets de taille “giga” qui changent d’échelle dans toute la zone.
Dans cet écosystème, OCP avance à marche forcée. Fin 2025, sa filiale dédiée a mis en service une première vague de centrales photovoltaïques totalisant 202 MW, dont “Ouled Farès” (105 MW), annoncée comme la plus puissante installation solaire en exploitation au Maroc au moment de son lancement. Objectif affiché : atteindre 1,2 GW de capacités renouvelables d’ici 2027, afin d’alimenter les sites miniers et industriels et de réduire structurellement la facture énergétique, tout en renforçant la compétitivité “bas carbone” du champion mondial des phosphates.
Cette dynamique industrielle résonne avec la planification nationale. D’après plusieurs références reprises par la presse spécialisée et des déclarations relayées, le Maroc prévoit d’engager environ 120 milliards de dirhams pour ajouter 15 GW de capacités à l’horizon 2030, dont une large majorité en renouvelables—un effort pensé autant pour la souveraineté énergétique que pour la décarbonation du mix électrique.
Parallèlement, le Royaume tente de transformer l’avantage renouvelable en avantage export, via le chantier du hydrogène vert. L’État a structuré “l’Offre Maroc” autour d’un levier foncier majeur : près d’un million d’hectares de terres publiques identifiées, avec 300.000 hectares mobilisés dans une première phase, afin d’attirer des projets intégrés (électricité renouvelable, électrolyse, dérivés). Et sur le plan des projets, le comité de pilotage a autorisé la signature de contrats de réservation foncière pour des investisseurs présélectionnés, liés à six projets dans les régions du Sud, pour un montant annoncé de 319 milliards de dirhams.
En filigrane, une réalité se dessine : la transition énergétique marocaine n’est plus seulement un objectif environnemental, mais une architecture économique où se croisent industrie lourde (OCP), sécurité d’approvisionnement, attractivité d’investissements et nouveaux marchés d’exportation. Un basculement où le solaire géant et l’hydrogène vert ne sont plus des slogans, mais des actifs stratégiques.











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