Pour ce premier Ramadan hivernal depuis vingt-six ans, les revendications sociales en rapport avec la consommation de produits de base et avec le maigre pouvoir d’achat des plus défavorisés reviennent à la charge pour occuper le devant de la scène, alors que le mois du carême devrait être consacré à d’autres préoccupations spirituelles, voire carrément métaphysiques.
Non pas que ces revendications aient été reléguées au second plan au cours des dernières semaines, mais il se trouve que, pour Ramadan, elles prennent, par la force des choses, une connotation particulière.
Si le jeûne consiste en une privation durant la journée, certains consommateurs ressentent une grande frustration lorsqu’ils sont privés, à l’heure de la rupture du jeûne, de produits qu’ils ne peuvent se permettre puisque hors de prix pour leur modeste bourse !
Même s’il est prouvé que, durant le mois sacré, la majorité consomme davantage et dépense donc plus.
Bien sûr, il y a trois semaines, le gouvernement avait rassuré en affirmant que des contrôles rigoureux seraient, comme d’habitude, effectués afin de couper court à toute hausse inhabituelle des prix, en mettant hors d’état de nuire les spéculateurs qui ne ratent aucune occasion pour exploiter les citoyens. Et comme d’habitude, ce sera la même rengaine, puisque les contrôles semblent impuissants et inefficaces face aux turpitudes d’un marché libéralisé ne répondant qu’à la logique de l’offre et de la demande et à la loi des intermédiaires, quoique pas seulement !
Comme d’habitude, la spirale infernale de hausses inexpliquées et injustifiées reprend de plus belle devant la détresse et la résignation des plus démunis.
Alors, que veut le peuple !?
Tout simplement, des œufs et des sardines à des prix « raisonnables » pour que la ménagère de condition modeste puisse remplir, tant bien que mal, son panier !
Des appels au boycott de produits comme les viandes rouges, le beurre et les huiles ont été lancés de partout. Et si la demande explose en ce mois sacré, ceux qui n’ont plus les moyens de suivre la folle course des prix seront malheureusement condamnés à boycotter tous les produits qu’ils ne peuvent se permettre.
Convenons-en, sur le plan économique, il n’est certainement plus possible de produire des œufs à un prix symbolique, mais un véritable État social, qui se respecte et qui respecte ses citoyens, sait trouver les moyens afin que des produits soient proposés à des prix socialement soutenables pour les plus défavorisés.
La solution serait une caisse de compensation spécialement conçue pour Ramadan afin d’atténuer les effets de la conjoncture économique sur les plus pauvres.
Il n’y aura jamais, même dans le meilleur des mondes, une consommation à une seule vitesse dans notre pays et, franchement, en cette année d’élections législatives, certains ont raté une bonne occasion de marquer les esprits. Et le chef du gouvernement a certainement carrément oublié ses engagements pour garantir les bases d’un État social.
Honnêtement, on ne peut pas laisser les plus défavorisés seuls dans la tourmente de la consommation sans pouvoir d’achat, puis venir par la suite les abreuver de slogans électoraux sans queue ni tête !
De grâce, donnez au peuple des œufs et des sardines !
Est-ce trop demander !?
Par Hafid Fassi Fihri











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On dirait que personne ne veut se mouiller,ni hommes politiques,ni syndicats.le pouvoir d’achat, l’explosion des prix, personne ne veut en parler, car ils savent les raisons , c’est la libéralisation des prix sans garde fou, tout à l’exportation. Les coupables c’est le FMI qui contrôle notre économie , et nos hommes politiques à leurs ordres, le pouvoir appartient au peuple, donc à lui de se bouger le c.l .