Une crise sourde traverse actuellement les pharmacies et menace leurs propriétaires avec la probable autorisation, à terme, de l’entrée d’investisseurs étrangers au métier dans leur capital.
Le feu vert émis par le Conseil de la Concurrence concernant cette éventualité a mis en émoi tout un secteur déjà confronté à d’autres obstacles minant une activité en souffrance.
La profession reste, avant l’échéance fatidique, partagée entre certains pharmaciens qui se sont déclarés favorables à cette mesure, existant déjà dans d’autres pays, et d’autres qui y sont opposés, craignant de voir leur quotidien soumis à des pressions supplémentaires. Avec l’entrée d’investisseurs dans le capital des pharmacies, le rôle du pharmacien pourrait dépendre davantage de considérations financières et commerciales, dans la recherche de gains plus importants, que de sa mission première consistant à se concentrer sur son travail et les conseils à fournir aux clients, généralement souffrants et en quête d’écoute attentive, compatissante et disponible, plutôt que préoccupée par des impératifs de rentabilité.
Les pharmaciens qui redoutent cette emprise financière sur leur activité craignent également de perdre en indépendance dans leurs décisions et dans la gestion de leur officine, les futurs investisseurs n’ayant pour objectif que la rentabilité de leurs placements dans les délais les plus courts.
La profession se trouve ainsi confrontée à un double enjeu : soit bénéficier d’une meilleure trésorerie et donc vendre davantage avec des bénéfices conséquents, soit continuer à s’y opposer au risque de vivoter pendant que les concurrents se développeront inévitablement.
Au sein de leurs représentants syndicaux, c’est actuellement le refus de l’ouverture du capital qui l’emporte. Mais qu’en sera-t-il lorsque nombre d’officines céderont au charme pécuniaire du bol d’oxygène que pourraient représenter les investisseurs, à condition toutefois de fixer des limites claires entre ces derniers et l’activité proprement dite du pharmacien afin d’éviter toute interférence ?
Par Jalil Nouri










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