Pas la moindre information ou bribe de piste n’a encore filtré de la réunion sur le Sahara, qui, normalement, devait se tenir dès ce lundi et se poursuivre ce mardi à Washington.
Tout ce que l’on sait avec certitude est que le chef de la diplomatie marocaine, Nasser Bourita, se trouve sur place puisqu’il n’était pas hier à Genève pour y lire un discours qu’il a finalement confié au représentant du Maroc à l’organisation onusienne des droits de l’homme. Ceci prouve la politique du secret total imposée par le médiateur américain Boulos Masaad, qui craint que des fuites dans la presse ne viennent changer le cours et le climat des discussions. Le média espagnol El Confidencial et son journaliste, très bien informé jusque-là, Ignacio Cembrero, font partie des premières victimes de ce black-out qui pourrait durer jusqu’à la fin de ces pourparlers regroupant, outre le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le représentant du Polisario, tous respectant la consigne du silence total sur le déroulement des rencontres.
Présentée au départ comme déterminante par le conseiller de Trump, qui garde un optimisme de circonstance sans parler du moindre accroc ni du durcissement des positions algérienne et séparatiste, axé plutôt sur une surenchère politique pour gagner du temps, comme suivie en commun depuis le départ de ce processus difficile. Car ces deux parties, clés du problème de l’application rapide du plan d’autonomie marocain, ne demandent plus rien de moins qu’un changement de la Constitution marocaine afin de réserver un traitement à part des autres régions du Maroc, autrement dit et sans exagération, la création d’un État sahraoui au sein de l’État marocain, avec un élargissement de prérogatives non contenues dans la dernière version du plan d’autonomie présentée il y a une quinzaine de jours à Madrid, des demandes qui constituent une ligne rouge à ne pas franchir selon le gouvernement marocain. Pour l’instant, tout le processus bloque sur cette exigence.
Par Jalil Nouri



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