Au lendemain de l’annonce de la mort de l’ayatollah Ali Khamenei et alors que les échanges de frappes s’étendent au Golfe, une partie des analystes met en garde contre un scénario que la Maison Blanche semble sous-estimer : une guerre longue, faite de cycles de représailles, de réorganisation interne et d’usure stratégique.
C’est la thèse défendue par l’ancien colonel et expert en défense Roger Housen, cité par la presse belge, qui redoute que Donald Trump ne se soit engagé dans une opération pensée comme « décisive »… mais qui pourrait se transformer en conflit prolongé. Selon lui, la décapitation de l’appareil dirigeant, même spectaculaire, n’implique pas l’effondrement automatique du système iranien. Le régime, explique-t-il, dispose d’une profondeur institutionnelle : « pour chaque responsable tombé, il y a un remplaçant », et un « plan B » serait prêt à maintenir la continuité de commandement.
Housen compare cette logique à d’autres guerres où les calculs initiaux se sont révélés illusoires : la Russie persuadée de faire tomber Kiev en quelques jours en 2022, ou Israël convaincu d’en finir rapidement à Gaza en 2023. Pour lui, l’erreur serait de croire qu’une campagne aérienne suffit à renverser un régime. Or, rappelle-t-il, l’histoire récente montre que « l’air » sans « le sol » aboutit souvent à l’enlisement — et Washington n’a pas, pour l’instant, de dispositif terrestre massif à proximité immédiate.
La grande inconnue reste la réaction de la société iranienne. L’expert tempère l’espoir occidental d’un soulèvement spontané : l’opposition serait fragmentée, et une partie importante de la population dépendrait économiquement et administrativement de l’État. Dans ce contexte, une chute brutale du pouvoir central pourrait ouvrir la voie à un chaos durable, nécessitant ensuite… une présence au sol pour « stabiliser », avec le risque d’une spirale incontrôlable.
Sur le terrain régional, les signaux d’alerte se multiplient déjà. Reuters rapporte un incident de « tir ami » au Koweït, où des défenses aériennes auraient abattu par erreur des appareils américains au milieu d’attaques de missiles et de drones, illustrant le brouillard de guerre qui s’installe. Dans le même temps, l’énergie devient un levier central : des frappes et perturbations ont touché des installations et provoqué des arrêts, dont celui de Ras Tanura en Arabie saoudite, avec des effets immédiats sur les marchés.
En bref, la mise en garde de Housen est claire : l’épisode actuel pourrait n’être que l’ouverture d’un « test d’endurance » où l’Iran chercherait moins la victoire instantanée que la capacité à durer, déplacer le conflit et faire monter le coût politique, économique et sécuritaire.










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