Comme lors de la guerre contre l’Irak de Saddam Hussein, qui avait profondément marqué le secteur du tourisme en inscrivant l’une des pages les plus sombres de son histoire, la crise internationale qui secoue aujourd’hui le Golfe, conjuguée à la flambée annoncée des prix du pétrole, risque une nouvelle fois de faire payer un lourd tribut à la profession et de priver l’État de précieuses devises.
Depuis samedi, les acteurs du tourisme sont sur le qui-vive. Ils suivent l’évolution des événements avec inquiétude, redoutant un scénario déjà vécu. Sur les grandes places financières internationales, analystes et observateurs évoquent sans détour la perspective d’un nouveau choc pétrolier aux effets multiplicateurs, notamment sur le transport aérien et maritime, dont dépend directement l’activité touristique.
Ironie du calendrier : le secteur venait tout juste de célébrer un record historique de 20 millions de visiteurs en 2025-début 2026. Après plusieurs années de résilience et un retour à des indicateurs au vert, le tourisme marocain retrouvait une dynamique jugée solide. Mais cette embellie pourrait être fragilisée par une crise mondiale susceptible de briser cet élan et de rappeler que nul pays n’est totalement à l’abri des turbulences exogènes.
L’anticipation devient donc impérative. Si les signaux les plus pessimistes se confirment, les répercussions du conflit en cours pourraient peser lourdement sur la croissance mondiale. Dans un Moyen-Orient déjà profondément déstabilisé par la violence des événements, les incertitudes géopolitiques alimentent la nervosité des marchés.
Sans céder au catastrophisme, il serait imprudent d’écarter l’hypothèse d’un ralentissement économique global, voire d’une récession. L’histoire récente a montré que le tourisme est souvent l’un des premiers secteurs à encaisser le choc et l’un des derniers à retrouver pleinement son souffle.
Par Jalil Nouri










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